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Accord commercial UE-Mexique : contenu sur sirop d’agave et terres rares ?

L’Union européenne et le Mexique ont signé, vendredi, à Mexico une version modernisée de leur accord commercial afin de renforcer leurs échanges dans l’agriculture, l’industrie, les marchés publics et les matières premières stratégiques. L’accord prévoit notamment l’entrée de 5.000 tonnes de bœuf mexicain par an avec un taux préférentiel de 7,5 %.


L’Union européenne et le Mexique ont signé, vendredi, à Mexico, une version modernisée de leur accord commercial afin de renforcer leurs échanges dans l’agriculture, l’industrie, les marchés publics et les matières premières stratégiques. Ce nouvel accord comprend plusieurs mesures de protection destinées à sauvegarder certains secteurs sensibles européens, dont l’élevage, dans un contexte encore marqué par les tensions causées par l’accord conclu plus tôt cette année entre l’UE et les pays du Mercosur.

Bruxelles a ainsi restreint l’ouverture de son marché agricole par le biais de quotas d’importation bénéficiant de droits de douane réduits. L’UE accepte l’entrée de 5.000 tonnes de bœuf mexicain par an avec un tarif préférentiel de 7,5 %, ainsi que 5.000 tonnes d’abats bovins et 6.667 tonnes de blancs de poulet. L’accord prévoit également des quotas pour l’éthanol mexicain, avec 7.000 tonnes réservées à la fabrication de spiritueux et 5.500 tonnes pour d’autres usages.

En contrepartie, les producteurs européens bénéficieront d’une reconnaissance élargie des indications géographiques protégées au Mexique. Le texte inclut la protection de 232 spiritueux supplémentaires, en plus de ceux déjà reconnus, ainsi que de 336 vins, bières et spécialités alimentaires européennes, comme le jambon de Parme ou le Roquefort. Les exportateurs agricoles européens pourront également profiter d’un assouplissement des restrictions sanitaires imposées jusqu’à présent par les autorités mexicaines.

Le Mexique s’engage également à abolir les droits de douane sur plusieurs catégories de produits européens, incluant le porc, les produits laitiers, les céréales, les fruits et les pâtes alimentaires. D’autres filières bénéficieront d’une réduction partielle des taxes. Parallèlement, l’UE élargira son marché aux exportations mexicaines de café, de fruits, de chocolat et de sirop d’agave.

L’accord comporte un volet axé sur les matières premières critiques. L’UE cherche à accroître son accès aux « terres rares » et aux métaux stratégiques produits au Mexique, qui sont notamment utilisés dans l’électronique et les énergies renouvelables. Bruxelles aspire ainsi à diversifier ses sources d’approvisionnement afin de diminuer sa dépendance à la Chine dans ces secteurs jugés stratégiques.

Le secteur automobile fait aussi partie des domaines concernés par cette modernisation commerciale. L’UE précise que le nouvel accord facilitera les échanges de pièces détachées grâce à la reconnaissance des certifications européennes et des normes internationales. Bruxelles veille également à ce que le texte n’autorise pas les constructeurs chinois à utiliser le Mexique comme point d’exportation de véhicules fabriqués en Chine vers le marché européen.

Enfin, l’accord ambitionne de développer les échanges industriels et les investissements. Bruxelles assure avoir obtenu un meilleur accès pour les entreprises européennes aux marchés publics mexicains. Les sociétés européennes pourront concourir dans les mêmes conditions que les entreprises locales pour les contrats du gouvernement fédéral, les partenariats public-privé et certains appels d’offres locaux.