Belgique

30 ans après l’affaire Dutroux, Child Focus face à des demandes croissantes et un financement fragile

La fondation Child Focus, fondée il y a près de trois décennies à la suite de la tragique marche blanche en mémoire des victimes de Marc Dutroux, a pour mission principale d’apporter un soutien aux familles d’enfants disparus. Nel Broothaerts, sa directrice, rappelle que les parents de victimes ont été à l’origine de la création de cette association, s’inspirant du modèle du National Center for Missing and Exploited Children aux États-Unis. L’objectif initial était d’offrir une aide psychologique et logistique aux familles dans leur quête pour retrouver leurs enfants.

Child Focus est également guidée par la Charte de Genval, un document élaboré par des familles de victimes lors de la mobilisation citoyenne qui a suivi l’affaire Dutroux. Cette charte insiste sur la nécessité d’une protection accrue des enfants, d’une meilleure coordination entre la justice et la police, ainsi que d’un accompagnement renforcé pour les victimes et leurs proches. Ces principes demeurent au cœur des engagements de l’association.

Aujourd’hui, Child Focus joue un rôle crucial dans l’accompagnement des familles touchées par la disparition d’enfants. L’association est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, offrant un soutien constant aux proches des victimes. Broothaerts souligne l’importance de cette disponibilité pour éviter que les familles ne se sentent isolées, en particulier celles des victimes de l’affaire Dutroux. En outre, Child Focus fournit également une assistance financière et juridique pour aider les parents tout au long des enquêtes.

L’association a élargi son champ d’action pour inclure les mineurs victimes d’exploitation sexuelle, un domaine qui représente désormais une part significative de son activité. Broothaerts note que l’augmentation des dossiers liés à l’exploitation sexuelle est en grande partie due à l’essor d’Internet et à son utilisation par les jeunes. Chaque année, Child Focus traite environ 3000 cas, mais elle fait face à des défis financiers croissants, dépendant à plus de 50 % des dons des citoyens belges. Actuellement, l’association ne bénéficie d’aucune subvention permanente de l’État, ce qui complique sa capacité à répondre à la demande toujours croissante de soutien.