
Amazon et Anthropic achètent des livres rares pour alimenter leur IA
Amazon et Anthropic se livrent à une pratique controversée : l’acquisition de livres d’occasion, parfois rares, pour les découper et les numériser avant de les jeter. Cette méthode, connue sous le nom de « scan destructif », a pour objectif d’alimenter leurs modèles d’intelligence artificielle.
Une enquête menée par le média américain 404 Media a révélé qu’un lot de livres, comprenant des éditions peu communes, ne se dirigeait pas vers une bibliothèque ou un collectionneur, mais vers un centre d’Amazon dédié à l’entraînement de l’intelligence artificielle. Une fois arrivés à destination, ces ouvrages étaient découpés, scannés rapidement et ensuite éliminés. Plutôt que de photographier chaque page avec soin, les employés déchiraient la reliure et faisaient passer les feuilles dans un scanner, rendant le processus à la fois plus rapide et moins coûteux.
L’entreprise Anthropic, qui développe l’IA Claude, a été la première à être mise en lumière pour cette pratique. En 2025, un procès pour violation du droit d’auteur a révélé qu’elle avait acquis des millions de livres d’occasion, les avait découpés, scannés, puis détruits. Le juge fédéral William Alsup a statué en faveur d’Anthropic, arguant que le scan de livres légalement achetés était considéré comme un usage transformateur, relevant ainsi du « fair use », un principe du droit américain qui permet certaines réutilisations sans l’accord de l’auteur. Ce raisonnement était fondé sur le fait qu’en détruisant le livre après numérisation, Anthropic ne créait pas de copie supplémentaire, mais changeait simplement le format d’un exemplaire.
L’enquête de 404 Media a également mis en lumière qu’Amazon a adopté des méthodes similaires. En suivant le lot de livres rares, les journalistes ont constaté qu’il avait été envoyé à une installation d’Amazon spécialisée dans l’intelligence artificielle. Ces ouvrages, souvent peu communs, sont difficiles à trouver en raison de leur faible tirage ou de leur rédaction dans des langues peu parlées. Amazon, qui est l’un des principaux investisseurs d’Anthropic, illustre ainsi le lien étroit entre les deux entreprises et leur approche commune de l’entraînement de l’intelligence artificielle.
