250 ans des États-Unis : De Wever critique Coolidge et Trump
Bart De Wever a axé son discours lors de la fête des 250 ans des États-Unis sur une citation de Calvin Coolidge, soulignant que « les valeurs spirituelles priment ». Calvin Coolidge, président de 1923 à 1929, a mis en œuvre un programme de dérégulation, de réduction de la dette et des impôts durant les années 20.
Présence obligatoire à la fête des 250 ans des États-Unis
Bart De Wever, atlantiste revendiqué, n’a pas hésité à participer à la célébration organisée par l’ambassadeur Bill White. Le Premier ministre, tout aussi conservateur qu’atlantiste, a basé son discours sur une citation de Calvin Coolidge, président de 1923 à 1929 : « Nous vivons à l’ère de la science et d’une accumulation abondante de biens matériels. Ce ne sont pas eux qui ont donné naissance à notre Déclaration. C’est notre Déclaration qui les a créés. Les valeurs spirituelles priment. Si nous ne nous y accrochons pas, toute notre prospérité matérielle, aussi impressionnante soit-elle, se transformera en un sceptre stérile entre nos mains« .
Calvin Coolidge, une référence pour Bart De Wever
Bart De Wever, qui n’est pas sans intelligence, n’a pas choisi Calvin Coolidge par hasard. Coolidge est une figure emblématique pour les conservateurs américains. Originaire d’une famille puritaine du Vermont, il croyait que des vertus morales telles que le travail, la famille, le patriotisme, la liberté et la démocratie étaient la source de la richesse de l’Amérique, et non le contraire. Selon lui, la prospérité découle de vertus morales.
Au cours de son mandat dans les années 20, il a réussi à mettre en œuvre un programme de déréglementation, de réduction de la dette et des impôts, avant que tout ne s’effondre en 1929, quelques mois après son départ de la Maison Blanche.
Coolidge est également reconnu pour avoir instauré des droits de douane élevés, une politique étrangère isolationniste et des mesures d’immigration très restrictives, afin de préserver l’identité de l’Amérique, comme il le disait.
Pas pour Donald Trump
Pour Bart De Wever une référence, mais moins pour Donald Trump. En invoquant Coolidge, Bart De Wever évoque une figure conservatrice qui disparaît du paysage actuel de la droite américaine, une réalité qu’il ne peut ignorer.
Coolidge respectait, voire vénérait, les institutions américaines de séparation des pouvoirs, qui représentaient la sagesse des Pères fondateurs. Trump, quant à lui, ne cesse de les piétiner : que ce soit le Congrès ou la justice.
Coolidge s’abstient de mélanger argent et politique ; il rejetait l’enrichissement personnel en tant que président et menait une existence modeste. Trump, au contraire, fait de la politique pour l’argent et affiche sa réussite de manière ostentatoire.
Coolidge respectait la démocratie formelle ; il avait refusé de se représenter en 1928 alors qu’il aurait été réélu. Trump méprise les élections, sauf dans le cas où il les gagne.
Un conservatisme sans morale
La différence cruciale repose sur le passage cité par Bart De Wever concernant les vertus morales qui génèrent la richesse. Donald Trump considère, par opposition, que la morale est une faiblesse. Pour lui, seule la force engendre la prospérité. Ainsi, le trumpisme représente l’antithèse du conservatisme de Coolidge, partagé également par Reagan et De Wever.
Pour un conservateur traditionnel, ignorer que la richesse découle de vertus morales conduit à la corruption et au déclin. Bart De Wever a-t-il voulu transmettre subtilement ce message d’inquiétude à son allié favori ? Cela reste incertain, mais c’est l’impression qui se dégage.
