Algérie

Tebboune accorde grâce présidentielle à près de 5 000 détenus : détails.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé un décret présidentiel accordant la grâce à environ 5 000 détenus ayant obtenu leur diplôme durant l’année scolaire 2025-2026. Cette mesure concerne les prisonniers ayant décroché le brevet d’enseignement moyen (BEM), le baccalauréat, ainsi que ceux ayant validé une formation dans l’un des différents cursus de formation professionnelle et artisanale, a annoncé la Présidence de la République cet après-midi. Cette décision souligne l’importance de l’effort intellectuel comme voie vers la réinsertion.

La grâce présidentielle, qui bénéficie à près de 5 000 personnes, englobe plusieurs catégories de détenus. Le décret s’adresse à ceux ayant obtenu leur BEM ou leur baccalauréat, ainsi qu’aux prisonniers ayant réussi un parcours de formation professionnelle ou artisanale, quelle qu’en soit la filière. Tous les profils éligibles relèvent de l’année académique 2025-2026.

La portée symbolique de cette mesure est significative. En liant la grâce à un acte d’apprentissage, l’État envoie un message clair : l’effort scolaire réalisé derrière les barreaux est reconnu et récompensé. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de la réhabilitation des personnes incarcérées, où l’éducation joue un rôle central dans la préparation au retour à la vie civile.

Ce n’est pas la première fois que la Présidence utilise ce levier. En mars 2026, deux décrets distincts avaient déjà accordé une grâce présidentielle à plus de 5 600 personnes, dans des affaires de droit commun, avec des conditions strictes d’éligibilité et une liste d’exclusions clairement définie.

Au-delà des détenus diplômés, la grâce présidentielle est devenue, sous la présidence de Tebboune, un mécanisme régulièrement mobilisé dans divers contextes. En janvier 2026, une mesure de clémence avait même été étendue aux Algériens vivant à l’étranger en situation irrégulière, leur permettant de régulariser leur situation et de rentrer au pays de manière organisée.

Par ailleurs, l’affaire du journaliste français Christophe Gleizes, dont la Cour suprême a clos le volet judiciaire en juin 2026, a mis en lumière les prérogatives discrétionnaires du chef de l’État en matière de grâce. Ses avocats attendent toujours une décision présidentielle concernant son sort, dans un dossier devenu très sensible sur le plan diplomatique.

Le décret signé en faveur des détenus diplômés s’inscrit donc dans une continuité politique cohérente, où la clémence est exercée de manière ciblée, avec des critères objectifs et mesurables. Pour les quelque 5 000 prisonniers concernés, la réussite à un examen aura finalement ouvert une porte que les procédures judiciaires ordinaires n’auraient pas permis de franchir aussi rapidement.