Scandale STEAM : un autre responsable après l’ex-président de la FAF Charaf-Eddine.
Le juge d’instruction de la deuxième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a ordonné, dans la nuit de lundi, le placement en détention provisoire d’A. Zahredine, directeur général par intérim de la société mixte algéro-émiratie du tabac STEAM. En parallèle, trois cadres de l’entreprise ainsi que des opérateurs privés et des grossistes spécialisés dans le tabac ont également été incarcérés. Tous ont comparu, le lundi 20 juillet, devant cette même juridiction pour répondre à des accusations graves de corruption.
Les charges retenues contre les personnes mises en cause sont particulièrement sérieuses. Selon des sources proches du dossier, les prévenus sont poursuivis pour constitution d’une association de malfaiteurs, spéculation illicite, octroi d’avantages injustifiés à des tiers, conclusion de contrats en violation de la législation en vigueur, abus de fonction, et blanchiment d’argent. À cela s’ajoute une infraction informatique : l’introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé.
Évaluée comme l’une des affaires les plus complexes traitées par le pôle de Sidi M’hamed ces derniers mois, l’instruction concernant STEAM a débuté il y a plus de huit mois. La société est au centre d’investigations qui ont déjà conduit à de multiples mandats de dépôt visant des responsables, des cadres et des intermédiaires commerciaux.
Le Service central de lutte contre la criminalité organisée de Saoula a ouvert le dossier le 13 novembre dernier, avant de transmettre les suspects au parquet du pôle économique. À l’issue de leur déferrement devant le juge d’instruction, les inculpations ont alors porté sur le blanchiment d’argent, la violation de la réglementation des changes, les mouvements illicites de capitaux vers l’étranger, l’enrichissement illicite et le conflit d’intérêts.
Parmi les personnalités déjà incarcérées dans cette affaire figure Charaf-Eddine Amara, ancien PDG du groupe public Madar et président de la Fédération algérienne de football. Le juge d’instruction avait ordonné son incarcération le 21 décembre dernier, dans le cadre des soupçons de corruption liés au partenariat entre la société nationale du tabac et l’entreprise émiratie spécialisée dans ce secteur.
Un ressortissant émirati, identifié comme « M.A. » et présenté comme propriétaire de la société partenaire, a également été placé en détention provisoire avec plusieurs complices présumés. Les faits qui leur sont reprochés incluent le transfert illégal de fonds vers les Émirats arabes unis, le blanchiment d’argent et l’acquisition frauduleuse de biens immobiliers dans des quartiers huppés de la capitale algérienne.
La trajectoire judiciaire de Charaf-Eddine Amara illustre l’ampleur des ramifications de cette affaire. Impliqué dans le dossier STEAM depuis décembre dernier, il fait également l’objet de poursuites distinctes liées à l’organisation du CHAN 2023, où des irrégularités dans la passation de marchés publics lui sont reprochées. Par ailleurs, il est cité dans le vaste dossier de corruption visant trois anciens présidents de la FAF, aux côtés de Kheireddine Zetchi et Djahid Zefizef, pour lesquels un procès a été programmé devant le tribunal de Sidi M’hamed.
Ce profil cumule des affaires, à la croisée du monde des affaires publiques et du football algérien, et traduit la complexité des réseaux mis en cause par la justice. L’instruction en cours sur STEAM est loin d’être close. De nouvelles comparutions sont attendues, à mesure que le juge d’instruction avance dans l’examen des ramifications financières et commerciales de ce dossier tentaculaire.
