
La Belgique se prépare à une période d’extrême sécheresse sans pluie et avec des températures en hausse.
Les prévisions de sécheresse établies par l’Institut Royal Météorologique (IRM) pour la Belgique suscitent de vives inquiétudes. Bien que la situation actuelle soit généralement considérée comme normale, à l’exception du sud du sillon Sambre et Meuse, qui est qualifié d' »extrêmement sec », une généralisation de cette sécheresse à l’ensemble du pays est attendue dans les dix jours à venir.
Pascal Mormal, météorologue à l’IRM, souligne que nous nous trouvons actuellement « à la seconde place des séquences les plus sèches pour la période de référence actuelle, qui débute en 1991 ». Il ajoute que le climat belge, traditionnellement variable avec des alternances de temps ensoleillé et de périodes plus nuageuses, semble perdre cette caractéristique.
L’été qui s’annonce pourrait bien être le plus chaud jamais enregistré. Les températures devraient atteindre des sommets de 34 à 35 degrés Celsius, sans espoir de véritable rafraîchissement. Dans certaines régions, les précipitations sont dramatiquement faibles, avec seulement 1 mm de pluie par mètre carré depuis le début de juillet, aggravant ainsi la sécheresse des sols.
Le changement climatique est un facteur aggravant, augmentant la fréquence des épisodes de sécheresse prolongée, mais aussi des périodes de pluie intense. Pascal Mormal explique que ces deux phénomènes deviennent de plus en plus marquants dans l’évolution du climat : « On voit qu’on bat de plus en plus souvent des records, tant pour les périodes sèches que pour les périodes pluvieuses. »
Aurore Degré, professeure d’hydrologie à Gembloux Agro-Bio Tech, précise que la sécheresse est un phénomène insidieux, contrairement aux inondations qui se manifestent rapidement. Elle met en garde contre une situation de plus en plus tendue, où des événements climatiques extrêmes deviennent fréquents, bien que nous ne soyons pas encore confrontés à des situations totalement inédites.
Les conséquences de cette sécheresse touchent de nombreux aspects de la vie quotidienne. Aurore Degré évoque des risques pour le fonctionnement des centrales nucléaires et des entreprises, ainsi que pour les centres de données, tous dépendants de l’eau. Elle insiste sur la nécessité d’une réflexion collective sur l’utilisation de cette ressource, car l’adaptation actuelle est insuffisante.
Pascal Mormal partage cette préoccupation, affirmant qu’il est déjà trop tard pour envisager un retour en arrière. Il appelle à une adaptation face à un climat dont nous avons l’impression de ne pas pouvoir maîtriser : « On a l’impression d’être en avance sur tous les scénarios les plus ‘pessimistes’. Il va falloir trouver des solutions d’adaptation concernant notre mode de vie, nos espaces verts, nos forêts et nos cultures. C’est un vrai sujet de préoccupation, qui dépasse largement les frontières de la Belgique. »
