Une université suisse s’attaque aux préjugés sexistes dans les facultés de médecine

La recherche et l’enseignement médicaux ont longtemps été critiqués comme étant «aveugles aux questions de genre», «orientés vers les hommes» ou faits par les hommes pour les hommes. L’Université de Lausanne entend remédier à cette situation: elle est l’une des rares institutions du monde à intégrer la dimension genre dans l’enseignement de la médecine. Carole Clair et Joëlle Schwarz, coresponsables de l’unité médecine et genre du Centre universitaire de médecine générale et de santé publique (Unisanté) à Lausanne, souhaitent que les futurs médecins aient connaissance des différences entre les sexes en santé. Hommes et femmes ne sont pas affectés de la même manière par certaines maladies et vivent celles-ci souvent différemment, ce qui peut avoir d’importantes conséquences sur la manière dont une maladie est diagnostiquée et traitée. Pourtant, les facultés de médecine abordent rarement les questions du sexe et du genre dans leur cursus, excepté en matière de santé reproductive.

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«En Suisse, un tribunal sur cinq ne dispose d’aucune femme juge à plein temps»

Une initiative demande que les juges soient choisis par tirage au sort. Les initiantes et initiants estiment que ce procédé améliorerait les chances des femmes d’accéder à des fonctions officielles. Une avocate n’est pas d’accord. Lorsque les orchestres ont commencé à auditionner les candidats musiciens derrière un rideau, la proportion de femmes a augmenté. Le camp du oui à l’initiative sur la justice espèrent un effet similaire de la procédure de tirage au sort pour la sélection des juges fédéraux. Les opposantes et opposants ne sont pas d’accord. Étant donné qu’un groupe d’expertes et experts procéderait à la présélection, le risque serait encore plus grand que le pouvoir judiciaire ne soit composé que d’hommes conservateurs. Qui a raison? Nous avons posé la question à la juriste Nina Ochsenbein, qui, dans sa thèse, a étudié la proportion de femmes juges dans les tribunaux suisses et analysé leur système électoral. Nina Ochsenbein L’avocate Nina Ochsenbein a dirigé le centre…

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La Suisse se prononce sur le tirage au sort des juges

Une initiative populaire demande que les juges fédéraux soient tirés au sort, pour les soustraire aux pressions politiques. L’initiative n’a aucune chance de succès, même si la critique du système suisse est justifiée. Ce qui est interdit dans certains pays fait partie du système en Suisse: les juges sont membres d’un parti et sont élus par le Parlement. Une initiative populaire veut changer cette donne. Quel est l’enjeu? Fondamentalement, la question posée au corps électoral touche à l’indépendance du pouvoir judiciaire suisse. Le système judiciaire est étroitement lié à la politique. Cela s’applique à tous les juges, mais l’initiative vise uniquement les juges fédéraux. À l’avenir, ils devraient être nommés par une commission d’expertes et d’experts sur la base de leurs qualifications, puis tirés au sort. Les juges fédéraux ne devraient plus avoir à se représenter aux élections et devraient rester en fonction jusqu’à l’âge de 70 ans. Ce n’est qu’en cas de manquement grave aux…

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Au Brésil, «la liberté d’expression a un prix»

Le Brésil n’a jamais été très amateur de liberté d’expression, affirme l’acteur et humoriste brésilien Gregório Duvivier. L’animateur de l’émission hebdomadaire «Greg News» sur HBO Brésil, populaire auprès des jeunes, est le dernier contributeur de la série Global Voices of Freedom de swissinfo.ch. «J’ai certes la liberté d’expression, presque comme en Suisse, mais elle a un prix», déclare Gregório Duvivier. Après une blague sur un Jésus-Christ gay en 2019, le comédien et ses collègues de la société de production Porta dos Fundos ont dû être placés sous la protection de gardes du corps armés pendant plusieurs mois. Leur studio de production a également été visé par une bombe incendiaire la veille de Noël. Originaire de Rio de Janeiro, Gregório Duvivier a commencé à vivre de la comédie dès l’adolescence. Fils d’un sculpteur et d’une chanteuse, il s’est ensuite tourné vers le théâtre, la comédie et l’écriture. Il commente la politique brésilienne depuis huit ans. «Je me sens très…

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Peter Stamm: «Je suis certain de mon fait»

Au fil de ses huit romans et de six recueils de nouvelles, l’auteur alémanique tisse un univers très personnel émaillé de motifs récurrents. Pour lui, le style n’est pas seulement affaire de langage mais aussi de contenu – d’«univers dans lequel vous évoluez». Rencontre avec Peter Stamm. Non, lorsqu’il sort un nouvel ouvrage, l’excitation ne l’envahit plus. «Je suis certain de mon fait», confie Peter Stamm. Sans compter que la partie grisante de son travail est alors derrière lui. Nous voici installés dans un café de la Sulzer-Areal, juste derrière la gare de Winterthur, sa ville natale. Aujourd’hui âgé de 58 ans, l’auteur, lorsqu’il rentrait de ses séjours à Paris, New York ou Berlin, a longtemps occupé un bureau dans l’un des anciens bâtiments industriels du lieu. Les mondes littéraires suisses Dans sa série «Les mondes littéraires suisses» pour swissinfo.ch, la critique littéraire alémanique Anne-Sophie Scholl rencontre les autrices et les auteurs marquants de la…

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Un centre sur l’origine de la vie sur Terre et dans l’univers

Le prix Nobel Didier Queloz et l’astrophysicien Sascha Quanz vont étudier les origines de la vie dans un nouveau centre à Zurich. Qu’en attendent exactement les deux chercheurs suisses? Le Centre for the Origin and Prevalence of Life devrait ouvrir ses portes l’année prochaine à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH). Des collaborations avec l’université britannique de Cambridge sont également prévues. SWI swissinfo.ch a rencontré les maîtres d’œuvre de ce nouveau campus. SWI swissinfo.ch: Didier Queloz, vous avez reçu le prix Nobel pour la découverte de la première exoplanète. Quelle chance y a-t-il que la vie existe en dehors de la Terre, peut-être sur une exoplanète, ou sur Mars? Didier Queloz: Je suis absolument convaincu qu’il y a de la vie ailleurs dans l’univers. Pour la simple raison qu’il y a beaucoup trop d’étoiles et beaucoup trop de planètes. Donc considérer la vie comme propre à la Terre uniquement, ce serait trop rare pour être possible. En tant que…

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New Bern, ta normalité impitoyable

New Bern, aux États-Unis, n’est pas un endroit particulier. Même l’histoire de sa fondation suisse est à peine visible. De quoi attirer le photographe Michael von Graffenried qui a mis en relief la vie de cette bourgade fondée par des Suisses avec Our Town, publié ce printemps. New Bern a été fondée en 1710 par des émigrants venus de Suisse et d’Allemagne. L’un des pères fondateurs était Christoph von Graffenried, un patricien bernois et bailli d’Yverdon. Il avait des dettes, des querelles avec sa famille et espérait gagner de l’argent dans le Nouveau Monde. C’était à une époque où les autorités bernoises cherchaient à acheter des terres dans l’une des colonies anglaises pour se débarrasser de quelques centaines d’«éléments indésirables» – des pauvres et des dissidents religieux, principalement des anabaptistes. Mais seulement trois ans après la fondation, von Graffenried est retourné à Berne, appauvri. Les Indiens avaient attaqué sa colonie. Il n’a eu la vie sauve que…

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Baromètre électoral: stabilité politique dans la pandémie

Le paysage des partis en Suisse devrait survivre sans grands dommages à la pandémie. À deux ans des prochaines législatives, les intentions de vote restent étonnamment stables, comme le montre le baromètre de la SSR. Le parlement fédéral est au milieu de sa législature, qui dure quatre ans. Les prochaines élections sont donc dans deux ans. Alors que dans certains pays, la pandémie a complètement rebattu les cartes, c’est la stabilité qui règne dans le paysage politique suisse. À ce jour, aucun bouleversement n’est à prévoir au parlement. L’UDC (droite conservatrice) reste clairement le parti le plus fort, comme le montre le baromètre électoral de l’Institut Sotomo. Après avoir perdu trois points de pourcentage lors des élections de 2019, le parti semble sortir du creux et regagne 1%. Par rapport au dernier sondage électoral de l’automne 2020, l’UDC gagne même 2,5 points. Le PS arrive en deuxième position des intentions de vote, enregistrant une légère baisse de 1%, qui confirme sa…

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«Je ne veux tuer personne»

La Bâloise Erika Preisig, médecin et présidente de l’organisation de suicide assisté Lifecircle, a aidé à mourir des patients et patientes, y compris venant de l’étranger. La militante défend également la légalisation du suicide assisté dans d’autres pays. Nous lui avons demandé pourquoi. SWI swissinfo.ch: Pourquoi votre organisation apporte-t-elle son aide à des personnes venant de pays où le suicide assisté est illégal? Erika Preisig: Parce que chaque être humain a le droit de décider quand, où et comment il veut mourir. Souvent, lorsque des personnes se rendent en Suisse pour mourir, elles souffrent d’une maladie grave et ne sont pas en état de voyager. Si elles pouvaient avoir cette possibilité dans leur pays d’origine, elles ne seraient pas obligées de le faire ici. L’aide à la mort devrait être légale partout dans le monde. Je travaille avec des patients et patientes en soins palliatifs depuis 21 ans, en tant que médecin de famille. Même avec de bons soins palliatifs en…

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Dans l’antichambre de la mort

Aina souffre d’une maladie neurologique rare depuis son enfance. La Japonaise se rend à Bâle pour y mourir. Un voyage en forme de test ultime. Reportage. Aina aspire le liquide du verre à l’aide d’une paille. Son père lui serre la main. Ses yeux sont rougis. Il peut à peine le supporter. Mais il se force, car il ne veut pas détourner le regard. Juste une goutte. L’amertume se répand sur la langue d’Aina. Puis les visages de ses parents dansent devant ses yeux, ainsi que ceux de ses deux sœurs. Son chien. Des scènes pleines de vie. Les personnes qui lui ont toujours témoigné un amour inconditionnel et l’ont protégée se pressent dans son esprit. Elle ne peut pas avaler le liquide contenant la dose de pentobarbital (dont l’absorption partielle peut provoquer un coma). Des larmes coulent sur ses joues. Sa respiration commence à s’accélérer. Elle tousse. «Qu’est-ce qui ne va pas, Aina?», demande l’assistante au suicide et médecin Erika Preisig. Aina sanglote: «Je ne peux pas…

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