
Washington intensifie la pression économique sur Téhéran : Scott Bessent annonce de nouvelles sanctions.
Le gouvernement américain intensifie sa pression économique sur l’Iran avec l’annonce de nouvelles sanctions ciblant des secteurs clés de l’économie iranienne. Lors d’une conférence de presse, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que ces mesures visaient à « couper toutes les ressources économiques » qui soutiennent le régime de Téhéran.
Bessent a expliqué que l’Iran se trouve à un carrefour, avec deux options : soit une isolation totale entraînant une économie de subsistance, soit un retour à la normalité permettant de réintégrer l’économie mondiale. Les sanctions récemment mises en place touchent cinq secteurs essentiels : les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime. Le secrétaire a également averti que des poursuites seraient engagées contre ceux qui commercent avec l’Iran.
Il a précisé que les pays qui permettraient à des entités de faciliter le blanchiment d’argent pour le compte de l’Iran risquent d’être exclus du système financier en dollars. « Le compte à rebours a commencé », a-t-il ajouté, soulignant que les nations qui ne soutiennent pas les sanctions américaines partageraient l’isolement de l’Iran. Le président Donald Trump a récemment exhorté plusieurs pays à se joindre à cette « guerre économique ».
Concernant la Chine, un partenaire économique crucial pour l’Iran, Bessent a affirmé que « personne n’est au-delà de la portée des sanctions américaines ». Il a insisté sur le fait que les États-Unis tiendraient tous les acteurs responsables, soulignant l’impact économique croissant sur le régime iranien.
La Chine a réagi en critiquant ces sanctions, affirmant qu’elles ne contribueraient pas à résoudre les conflits au Moyen-Orient. Téhéran, de son côté, a averti que des « conséquences » attendent les pays qui se joindraient à cette campagne de pression, considérant ces actions comme un « aveu de défaite » de Washington.
Les nouvelles sanctions s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes, alors que le blocus naval et les restrictions sur les secteurs pétrolier, maritime et financier se renforcent. L’économie iranienne, déjà fragilisée, fait face à une inflation annuelle atteignant 66 % en juillet, avec des prix alimentaires grimpant à 128 %. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu l’aggravation de la situation économique, tout en maintenant que le mémorandum d’entente avec Washington pourrait offrir une issue, malgré l’expiration de son délai de soixante jours.
En réponse aux menaces américaines concernant le détroit d’Ormuz, Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a qualifié les pays soutenant la pression américaine d' »ennemis » et a insinué qu’il pourrait bloquer les livraisons de pétrole à destination de ces nations.
Dans le cadre de la médiation, le Pakistan a relancé ses efforts pour apaiser les tensions entre les États-Unis et l’Iran. La visite à Téhéran du chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le Maréchal Asim Munir, s’inscrit dans cette dynamique, visant à encourager un dialogue entre les deux parties après plusieurs initiatives de médiation menées par Islamabad.
