Tunisie

Billet – Hydrocarbures – Perturbations : Des majorations de prix à prévoir ?

Les prix des hydrocarbures en Tunisie sont restés inchangés depuis le 24 octobre 2022, période à laquelle ils avaient été ajustés en réponse à une flambée des cours internationaux, exacerbée par le conflit en Ukraine. À cette date, le baril de Brent se négociait autour de 90 dollars, un niveau similaire à celui observé récemment, avec un prix de 94 dollars enregistré à la clôture du 21 août 2026. Les perspectives restent toutefois floues pour l’avenir.

Depuis lors, le marché a connu des variations significatives, notamment suite à l’escalade du conflit israélo-américain avec l’Iran en juin 2025 et février 2026, période durant laquelle les prix ont temporairement dépassé les 120 dollars le baril. Bien que la Tunisie ne soit pas directement impliquée dans ces conflits, elle subit néanmoins les conséquences économiques de ces fluctuations, en tant que pays importateur d’hydrocarbures.

Malgré la stabilité des prix à la pompe, qui perdure depuis près de quatre ans, la Tunisie fait face à des défis financiers liés à ces variations. La balance des paiements du pays absorbe les impacts extérieurs, permettant ainsi aux consommateurs de ne pas ressentir directement les effets des crises internationales. Cependant, il est important de noter que la Tunisie, bien qu’elle exporte certains dérivés d’hydrocarbures, demeure structurellement déficitaire sur le plan énergétique.

Au cours des sept premiers mois de l’année, le déficit énergétique a atteint 7.946 millions de dinars (1 dollar équivalant à 2,9 dinars tunisiens), représentant plus de la moitié du déficit commercial total, qui s’élevait à 14.957 millions de dinars jusqu’à fin juillet, selon les données de l’INS. En 2025, le déficit énergétique avait été de 11.143,9 millions de dinars, en légère augmentation par rapport aux 10.869,5 millions de dinars de 2024. Ces chiffres laissent entendre que la Tunisie n’a pas encore atteint un seuil critique justifiant une révision immédiate des prix à la consommation.

Cependant, les prévisions budgétaires pour 2026, basées sur une estimation du baril à 63 dollars, laissent entrevoir deux options pour les autorités : soit adopter une loi de finances complémentaire pour s’adapter à la nouvelle réalité des prix, soit augmenter les prix à la pompe. Cette dernière option pourrait avoir des répercussions sur les coûts des autres produits et services, étant donné que les prix de l’énergie et des transports influencent largement l’ensemble de l’économie.

Sur le terrain, une récente agitation parmi les transporteurs, survenue le 20 août, a provoqué une inquiétude généralisée dans les stations-service à travers le pays. Bien que le blocage de l’approvisionnement n’ait duré que quelques heures, il a ravivé les craintes d’une nouvelle hausse des prix, d’autant plus que les tarifs de l’eau minérale avaient déjà été augmentés le 19 août. Après un premier round de négociations qui n’a pas abouti, les transporteurs ont menacé de grève, laissant le gouvernement face à un dossier délicat à gérer.