
Etats-Unis : Trump menace de démolir le Kennedy Center sans son nom
Le débat autour du Kennedy Center à Washington prend une tournure inattendue. Mardi, l’administration Trump a évoqué devant un tribunal la possibilité de démolir cette institution emblématique si le président républicain ne peut pas voir son rôle dans sa restauration officiellement reconnu. En décembre dernier, le conseil d’administration, remanié par Donald Trump, avait pris la décision controversée de renommer le centre en « Trump Kennedy Center », accolant ainsi son nom à celui de John F. Kennedy.
Cette décision a suscité une vive opposition, tant de la part des démocrates que de la famille Kennedy, entraînant son annulation par la justice. Le juge Christopher Cooper avait ordonné, le 29 mai, le retrait de toute mention « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy » sur le bâtiment, le site web et les marques déposées du centre. En conformité avec cette décision, le conseil d’administration a agi en juin, mais le 13 août, il a adopté une nouvelle résolution pour reconnaître le rôle de Donald Trump dans la restauration du centre.
Des documents déposés lundi, en amont d’une audience prévue pour jeudi, révèlent que le ministère de la Justice considère cette reconnaissance comme cruciale pour la santé financière de l’institution. Selon ces documents, « les donateurs n’apporteront pas de contribution et le Centre continuera sur sa pente mortelle financière et structurelle » sans cette mention. Le ministère a également évoqué la possibilité d’une démolition : « Sans ces efforts, le Centre continuera à se détériorer pour aboutir à une structure dangereuse et délabrée, qui devra être démolie, restant ensuite à déterminer ce qui devra être construit sur le site, comme un amphithéâtre en plein air surplombant le Potomac. »
Parallèlement, la justice a suspendu temporairement le projet de fermeture du Kennedy Center pour une durée de deux ans, arguant que le conseil n’avait pas respecté son « devoir de prudence » en négligeant les conséquences de cette décision. Christopher Cooper a néanmoins souligné l’urgence des travaux de restauration, tout en précisant qu’une nouvelle fermeture pourrait être envisagée après une évaluation approfondie des avantages et des inconvénients de la situation actuelle.
