« Vous ne ressemblez pas à votre photo » : calvaire d’une malade du cancer à Tunis
Une patiente atteinte d’un cancer s’est rendue dans un bureau de poste à la fin de la semaine dernière pour retirer un mandat de la CNAM, accompagnée d’un ami pour l’assister dans les démarches administratives. Malgré ses explications sur l’altération de son apparence physique due à la maladie et aux traitements, l’agente a refusé de lui remettre le montant du mandat, la faisant quitter les lieux sans percevoir son dû.
Qualifier la scène qui s’est déroulée dans un bureau de poste de la capitale d’« inhumaine » serait un euphémisme.
Une patiente atteinte d’un cancer, affaiblie par un lourd traitement de chimiothérapie et de radiothérapie, s’est rendue à cet établissement à la fin de la semaine dernière pour retirer un mandat de la CNAM. Trop éprouvée pour effectuer seule les démarches administratives, elle était accompagnée d’un ami qui l’a aidée au guichet.
Comme l’exige la procédure habituelle, l’accompagnateur a remis la carte d’identité de la malade à l’agente chargée de son dossier pour vérifier la concordance entre l’identité figurant sur le mandat et celle sur le document officiel. Cependant, ce qui devait être une simple formalité administrative s’est rapidement transformé en une scène particulièrement humiliante.
Après avoir longuement examiné la carte d’identité et fixé attentivement la jeune femme souffrante, la fonctionnaire a déclaré, sans détour, devant l’assemblée, qu’elle « ne ressemblait pas du tout » à la photo sur le document et a refuser de lui remettre le montant du mandat. Déstabilisée et profondément blessée par ces propos, la patiente a essayé de convaincre l’agente que la maladie et les traitements avaient altéré son apparence physique, entraînant une perte de poids significative.
Malgré ces explications, l’agent, faisant preuve d’aucune compassion face à la souffrance et à la détresse de la jeune femme, est resté implacable et a refusé de lui verser son mandat. Profondément atteinte dans sa dignité, la malade a eu une crise d’hystérie et a retiré le voile qui couvrait sa tête pour montrer son crâne dégarni par la maladie. Un geste douloureux, dicté par l’extrême désir de convaincre son interlocutrice de son identité.
L’intervention d’un collègue de la fonctionnaire n’a fait qu’accentuer le profond malaise et le sentiment d’humiliation éprouvés par la jeune femme. Éprouvée moralement et physiquement, elle a finalement quitté les lieux sans percevoir son mandat, profondément marquée par cette expérience vécue comme une atteinte à sa dignité.
Cet incident soulève des questions sur l’accueil des citoyens au sein des services publics, en particulier pour les personnes vulnérables confrontées à la maladie. Bien que les procédures administratives doivent être respectées, elles ne doivent pas justifier un traitement dépourvu d’empathie et d’humanité.
À une époque où les institutions publiques sont invitées à améliorer la qualité de leurs services et leurs relations avec les usagers, un tel comportement semble totalement opposé aux principes de respect et de dignité que tout service public est censé garantir.

