Belgique

L’Iran menace d’une « offensive totale » après sept nuits de bombardements.

Un mois après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, l’escalade continue au Moyen-Orient avec des échanges de frappes quotidiens et des incidents maritimes en série. Les frappes menées depuis le 7 juillet sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril.


Un mois après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, censé marquer le début de pourparlers de paix, les tensions au Moyen-Orient persistent avec des frappes quotidiennes et une série d’incidents maritimes.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a déclaré avoir mené des attaques nocturnes en Iran, visant des « sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes« , sans mentionner de cibles civiles.

Selon les autorités de la province d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran, ces frappes américaines ont causé la mort d’au moins trois personnes et blessé huit autres, en touchant deux ponts et un tunnel routier, comme l’a rapporté l’agence officielle Irna.

Toujours d’après Irna, les États-Unis ont également bombardé les villes d’Ahvaz, Bouchehr (sud-ouest), Bandar Abbas, l’île de Qeshm, Lar, Darab (sud), et Yazd (centre).

En réponse, l’armée iranienne, citée par la télévision d’État, a affirmé avoir attaqué le camp militaire d’Al-Adiri et la base d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que la base aérienne d’Al-Azraq en Jordanie et celle de Sheikh Isa à Bahreïn, accusant l’armée américaine d’utiliser ces installations pour frapper son territoire.

Un responsable de l’état-major jordanien a indiqué que les « dix missiles iraniens visant le territoire du Royaume » avaient été interceptés et abattus, sans faire de victimes ni de dégâts.

Au Koweït, l’armée a signalé faire face à « des attaques de drones hostiles« , tandis que des sirènes d’alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur de ce pays.

Téhéran a menacé d’entrer dans une « phase d’offensive totale » si les frappes américaines persistent au-delà de « deux ou trois jours« , a prévenu Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, cité par la télévision d’État.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes « se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz« , une zone où le trafic maritime est presque totalement interrompu.

Ce détroit stratégique, par lequel passait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est de nouveau sous blocus par l’Iran depuis plus d’une semaine, suite à la reprise des hostilités avec les États-Unis, qui ont réimposé un blocus des ports iraniens.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir « stoppé » quatre navires tentant de passer sans autorisation dans le détroit, tout en déclarant que deux pétroliers avaient sauté sur des mines.

Ils ont rapporté : « Au cours des dernières heures, quatre navires en infraction, soutenus par l’armée terroriste américaine, ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz, et les quatre navires ont été stoppés sur place lors d’une opération combinée de missiles et de drones. »

En outre, ils ont précisé que deux pétroliers, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu en tentant de traverser le champ de mines au sud du détroit, sans donner d’informations sur la nationalité des navires ou les victimes éventuelles.

Le Commandement de l’armée américaine pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti ces affirmations, en qualifiant ces allégations de fausses.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe, marquant une intensité sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains contre l’Iran, le conflit a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue de perturber l’économie mondiale.

David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, a analysé que « le détroit d’Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l’escalade leur échappe de plus en plus« , soulignant le « risque d’une confrontation régionale plus large« .