Sûreté nationale : Interpellations massives contre la criminalité organisée
Le ministère de l’Intérieur a annoncé le démantèlement de deux réseaux criminels internationaux actifs dans le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent, l’extorsion et les assassinats commandités, avec l’arrestation de 25 individus et la saisie de biens de grande valeur, dans un communiqué publié le 18 juin. À la suite de cette opération, le Président de la République a multiplié les réunions avec les hauts responsables du ministère de l’Intérieur pour coordonner les actions de lutte contre les réseaux criminels, la plus récente ayant eu lieu le 26 mai.

Derrière le trafic de drogue et le blanchiment d’argent se dessine une menace plus inquiétante. Il s’agit des réseaux structurés capables de recourir à l’extorsion et aux assassinats commandités.
La Presse — Le ministère de l’Intérieur a annoncé, dans un communiqué publié hier, jeudi 18 juin, le démantèlement de deux réseaux criminels internationaux impliqués dans le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent, l’extorsion et les assassinats commandités. Selon les autorités, cette opération d’envergure a permis l’arrestation de 25 individus et la saisie de biens de grande valeur, comprenant des véhicules, des motos, des embarcations de plaisance, d’importantes sommes d’argent et des quantités de drogue.
L’opération a été menée par l’Unité nationale de recherche sur les crimes terroristes, la criminalité organisée et les atteintes à l’intégrité du territoire national, faisant partie de la Direction générale des services spécialisés de la sûreté nationale. Grâce à un travail de renseignement approfondi, complété par un suivi technique précis et un suivi de terrain, réalisé en coordination avec les services concernés, cette unité a réussi à identifier et à neutraliser ces deux réseaux criminels.
Une criminalité qui change de visage
Cette annonce souligne l’intensification de la lutte contre toutes les formes de criminalité, conformément aux orientations du Président de la République, qui a multiplié ces dernières années les réunions avec les hauts responsables du ministère de l’Intérieur et a insisté sur la nécessité d’une action continue plutôt que sporadique contre les réseaux criminels. Elle met aussi en lumière l’évolution inquiétante des formes de criminalité organisée en Tunisie.
Les réseaux semblent déjà dépasser les trafics traditionnels pour inclure des formes de criminalité particulièrement graves, telles que l’extorsion, le blanchiment d’argent et, surtout, les « assassinats commandités », révélant l’existence de connections et de relais au-delà des frontières nationales.
La mention des « assassinats commandités » dans le communiqué est significative et mérite une attention particulière. Au-delà des activités généralement associées aux réseaux mafieux, comme le trafic de drogue et l’extorsion, les autorités évoquent cette fois des crimes exécutés par des tueurs à gages recrutés et rémunérés pour ces missions.
Cette référence, relativement rare dans les communications officielles, soulève de nombreuses interrogations sur l’ampleur réelle et le degré de structuration de ces organisations criminelles. Le ministère de l’Intérieur reste silencieux sur plusieurs points, notamment la nationalité des personnes arrêtées.
S’agit-il uniquement de Tunisiens ou ces réseaux comptaient-ils également des membres étrangers ? En l’absence de précisions officielles, il est difficile de se prononcer. Cependant, le caractère international des réseaux démantelés suggère l’existence de ramifications extérieures et l’implication possible d’acteurs opérant dans plusieurs pays.
Cette discrétion semble viser à préserver la continuité des investigations, qui se poursuivent sous la supervision des autorités judiciaires compétentes.
Ce coup de filet met en évidence la transformation de la criminalité organisée, capable de combiner trafics illicites, circuits sophistiqués de blanchiment d’argent et recours à une violence extrême pour protéger ses intérêts ou régler des différends. Ce cocktail dangereux constitue une réelle menace pour la sécurité publique et la stabilité de la société.
La Tunisie face à la montée des réseaux transnationaux
Cette opération survient quelques mois après l’arrestation à Tunis, en mars dernier, d’un ressortissant italien recherché pour ses liens présumés avec la Camorra, la mafia napolitaine. Diego Bocciero, âgé de 37 ans et originaire d’Avellino, a été interpellé par les autorités tunisiennes alors qu’il était en fuite depuis décembre 2025. Il faisait l’objet d’un mandat de détention provisoire pour des faits présumés d’extorsion aggravée réalisées selon des méthodes mafieuses.
Au cours des dernières années, plusieurs membres d’organisations criminelles transnationales ont été arrêtés en Tunisie grâce à la vigilance des services spécialisés. Ces actions témoignent à la fois de l’efficacité des dispositifs de surveillance et de la coopération sécuritaire avec l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), tout en traduisant l’ampleur croissante d’une menace posée par des réseaux criminels de plus en plus mobiles et structurés.
Conscient des conséquences de la criminalité organisée sur la sécurité publique et la stabilité du pays, le Président de la République suit de près l’évolution de la situation sécuritaire. Il a multiplié ces dernières années les réunions avec le ministre de l’Intérieur et les hauts responsables sécuritaires pour évaluer les menaces, coordonner les actions sur le terrain et renforcer la stratégie de l’État dans sa lutte contre les réseaux criminels et les circuits parallèles.
La plus récente de ces réunions a eu lieu le 26 mai dernier, en présence du ministre de l’Intérieur et du secrétaire d’État chargé de la Sécurité nationale. À cette occasion, le Chef de l’État a souligné l’importance d’intensifier la lutte contre toutes les formes de criminalité, en mettant un accent particulier sur le trafic de drogue, considéré comme une menace directe pour la sécurité nationale et la cohésion de la société tunisienne.
On espère que la poursuite des investigations permettra de révéler l’étendue réelle des activités de ces réseaux ainsi que les connexions internationales qui les soutenaient, puisqu’il s’agit clairement du démantèlement de structures criminelles transnationales dont les ramifications dépassent les frontières. Au-delà des arrestations, le défi est désormais d’identifier tous les acteurs impliqués, de remonter les filières et de neutraliser durablement ces organisations qui posent une menace croissante pour la sécurité des États.
