Tunisie

Secteur de la construction : Transition obligatoire vers l’écoconstruction

L’écoconstruction s’impose progressivement comme une nécessité face à l’urgence climatique et aux impératifs du développement durable. Lors du forum « Carthage green building 2026 », il a été souligné que le bâtiment écologique ne constitue plus une option ou un luxe, mais une obligation incontournable pour atteindre les objectifs du développement durable auxquels la Tunisie adhère pleinement.

Face à l’urgence climatique et aux exigences du développement durable, l’écoconstruction devient progressivement une nécessité plutôt qu’un simple choix. Lors du forum Carthage green building 2026, des experts, des architectes et des professionnels du secteur ont plaidé en faveur d’une approche plus durable et systémique du bâtiment, intégrant les dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle, tout en misant sur l’innovation et l’intelligence artificielle pour repenser les méthodes de construction.

La Presse — En raison des défis climatiques auxquels la planète est confrontée, le bâtiment écologique n’est plus une option ni un luxe, mais une obligation essentielle pour atteindre les objectifs du développement durable (ODD) auxquels la Tunisie adhère entièrement.

Cette problématique a été examinée sous divers angles lors du forum «Carthage green building 2026», qui s’est tenu récemment au Parc des expositions du Kram dans le cadre de la deuxième édition du Salon international de la construction et du bâtiment, sur le thème «Construire durablement, bâtir responsablement».

Plusieurs critères entrent en jeu

Que ce soit pour la construction de nouveaux bâtiments ou l’adaptation de structures anciennes, l’écoconstruction englobe des dimensions économiques et écologiques, ainsi que des aspects culturels et sociaux, voire systémiques, rompant ainsi avec la perception dominante dans le domaine du bâtiment jusqu’à présent.

«Actuellement, les réponses sont techniques et quantitatives», a déclaré Emna Bchir, enseignante universitaire et codirectrice de la Commission de développement durable de l’Union internationale des architectes. Néanmoins, «cela ne répond pas à la durabilité de la construction», a-t-elle précisé, soulignant l’importance de la culture en tant que 4e dimension, en plus des aspects économiques, environnementaux et sociaux de la construction.

D’après l’experte, «l’action doit partir de la réalité», qui varie d’une ville à l’autre et qui apporte une «intelligence contextuelle» aux solutions écologiques, basées sur des cultures et des traditions, tout en s’appuyant sur l’innovation et l’intelligence pour développer des solutions durables adaptées à chaque contexte.

Deux exemples ont été présentés lors de cet événement. Le premier concernait la reconstruction d’une ville entièrement détruite par un séisme au Maroc, en utilisant des matériaux et des ressources locales pour bâtir de nouveaux bâtiments plus résistants aux tremblements de terre.

Le second exemple montrait comment, au Bangladesh, des bateaux traditionnellement utilisés ont été transformés en salles de classe et en dispensaires flottants pour fournir des services indispensables aux habitants touchés par les inondations…

Vers une approche durable

Dans cette optique, l’expert Mondher Khanfir a proposé que la construction ne soit pas considérée comme un simple objet technique, mais comme un écosystème constitué de plusieurs éléments nécessitant une gestion des flux selon une approche systémique.

Pour lui, l’écoconstruction ne se résume pas à l’installation de matériaux isolants dans le but de réduire la consommation d’énergie, mais implique plutôt l’établissement de mécanismes selon une approche durable qui favorise l’interaction entre différents flux de composants.

Il a cité l’exemple de l’installation de panneaux photovoltaïques comme investissement qui rend la construction rentable plutôt que énergivore, comme c’est souvent le cas actuellement.

«Le bâtiment durable coûte plus cher à construire, mais est moins coûteux à entretenir», a-t-il ajouté. La rencontre a également permis d’aborder l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la construction écologique. «La technologie ne remplace pas l’architecte en produisant des solutions, mais l’assiste en tant qu’outil d’aide à la décision», a-t-on convenu lors des discussions.