Tunisie

Réinvention et transformation sectorielle : enjeux et perspectives actuels.

Le déficit commercial s’est creusé, au terme du premier trimestre 2026, à 5,2 milliards de dinars, soit une hausse de plus de 188 millions de dinars par rapport à la même période de l’année écoulée. La rechute du secteur textile-habillement au 9e rang des fournisseurs de l’Europe indique une baisse significative de ses performances, alors qu’il assurait autrefois environ 40% des emplois de toutes les industries manufacturières et 50% de leurs exportations.


SI le Chef de l’Etat s’engage systématiquement sur la question de la limitation des importations et de la valorisation de nos exportations, notamment pour nos produits stratégiques, c’est que cette priorité est d’une grande importance.

Les derniers rapports des institutions spécialisées, tant nationales que régionales et internationales, confirment cette analyse. En effet, d’après les derniers indicateurs de l’Institut national de la statistique (INS), le déficit commercial s’est creusé, à la fin du premier trimestre 2026, à 5,2 milliards de dinars, soit une augmentation de plus de 188 millions de dinars par rapport à la même période de l’année précédente. Cette tendance pourrait continuer à s’aggraver, à moins que des mesures de réponse ciblées ne soient mises en place, comme le préconisent le FMI et la Banque mondiale.

Le même constat s’observe pour notre déficit budgétaire, qui risque, en raison de l’instabilité de la conjoncture géopolitique, de se détériorer sérieusement en 2026, atteignant environ 7,6% contre seulement 5,2% l’année précédente, comme l’ont indiqué les Réunions de printemps des deux institutions de Bretton Woods.

Face à un tel contexte, nos décideurs doivent agir avec prudence, comme cela a déjà été suggéré, en maintenant une discipline budgétaire rigoureuse, capable de consolider les ressources propres de l’Etat et, surtout, de prioriser les programmes en fonction de leur importance et de leur urgence.

Ainsi, au-delà de la perpétuelle question énergétique et de la nécessité de réduire notre dépendance au marché international via une transition vers des ressources alternatives, la revalorisation de nos secteurs à fort potentiel devient une priorité.

Il est vrai que nos principaux secteurs, qui jouaient autrefois un rôle stratégique à l’exportation, peinent aujourd’hui à maintenir le même rythme, malgré un potentiel toujours présent, à l’exception des industries mécaniques et électriques qui se portent relativement bien. Pourtant, ces secteurs pourraient encore réaliser de meilleures performances.

Particulièrement, le secteur du textile-habillement, en dépit des affirmations de certains économistes, est bien loin de ses performances habituelles. Ce domaine stratégique, qui générait il y a peu environ 40% des emplois dans les industries manufacturières et près de 50% de leurs exportations, perd sa place en tant que quatrième fournisseur de l’Europe et ne parvient plus à rééditer les mêmes résultats à cause d’un manque de réactivité. Son recul au 9e rang des fournisseurs de l’Europe témoigne de son état de « santé ».

Cette problématique touche également d’autres secteurs qui, malheureusement, traversent les mêmes difficultés, ce qui nécessite une réinvention et une transformation complète de leur fonctionnement.