
Pourquoi l’eau ne coule-t-elle pas chaque nuit dans le Sahel ?
La SONEDE a lancé, depuis ce dimanche, un système de distribution périodique de l’eau potable dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Mahdia, impliquant des coupures nocturnes quotidiennes de minuit à 5 heures du matin. Un projet stratégique estimé à 1 000 milliards de dinars prévoit le transfert des eaux du nord vers le centre du pays, avec un raccordement au barrage de Kalaa Kobra.
La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) a mis en place, depuis ce dimanche, un système de distribution intermittente de l’eau potable dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Mahdia, entraînant des coupures nocturnes quotidiennes de minuit à 5 heures du matin.
D’après le directeur régional de la SONEDE pour la région du Centre, Noureddine Boumiza, cette initiative a pour but de reconstituer les réserves d’eau et d’assurer un approvisionnement constant durant la journée pour tous les usagers. Cette démarche est adoptée dans un contexte de forte pression sur les ressources en eau, notamment en raison de la diminution des apports du barrage de Nebhana comparativement aux années antérieures, conduisant à des perturbations dans l’alimentation des stations de traitement.
Le responsable a précisé, lors d’une intervention sur Jawhara FM, que les déséquilibres constatés précédemment touchaient particulièrement les zones en hauteur, tel que Hay Riyadh, El Fakkaïa et Oulad Ahmed, qui subissaient des pénuries prolongées à cause d’une consommation plus élevée dans les zones basses. Le nouveau dispositif nocturne a ainsi pour ambition, selon ses propos, de garantir une distribution plus équitable de la ressource entre les différents secteurs.
De plus, la SONEDE compte sur des solutions structurelles pour répondre à la crise hydrique. Un projet stratégique chiffré à 1 000 milliards de dinars prévoit le transfert des eaux du nord vers le centre du pays, avec un raccordement au barrage de Kalaa Kobra. Malgré des retards liés aux démarches d’expropriation foncière, le projet progresse lentement, avec l’objectif de sécuriser l’approvisionnement en eau jusqu’en 2050.
En parallèle, la station de dessalement d’eau de mer à Sousse poursuit actuellement ses tests techniques. Elle n’a pas encore débuté son exploitation, les essais ayant pour but de vérifier sa conformité au cahier des charges avant son lancement, afin de contribuer à atténuer le déficit hydrique dans la région.
