Patrimoine et architecture : Célébrer le génie du lieu en septembre
La 35e édition du Mois du patrimoine se déroulera du 18 avril au 18 mai 2026, sous le thème « Patrimoine et art de l’architecture ». Le coup d’envoi sera donné depuis la ville de Testour le 18 avril, coïncidant avec la Journée internationale des monuments et des sites, et la clôture est prévue le 18 mai au musée archéologique de Chemtou.
La Tunisie s’apprête à retrouver l’un de ses événements culturels les plus emblématiques. Du 18 avril au 18 mai 2026, la 35e édition du Mois du patrimoine se déroulera dans des villes et des sites historiques à travers le pays, sous le thème : « Patrimoine et art de l’architecture ». Cet événement invite à réexaminer l’histoire nationale à travers ses constructions, ses matériaux et ses savoir-faire.
Portée par le ministère des Affaires culturelles, via la Direction générale du patrimoine, l’Institut national du patrimoine et l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, cette édition vise à aller au-delà d’une simple célébration pour questionner en profondeur le lien entre l’homme, l’espace et la mémoire.
Le coup d’envoi sera donné depuis la ville andalouse de Testour, le 18 avril, en coïncidence avec la Journée internationale des monuments et des sites. Ce choix est hautement symbolique, car cette ville incarne le dialogue des cultures et la persistance des héritages. La clôture, prévue le 18 mai au musée archéologique de Chemtou, en rapport avec la Journée internationale des musées, viendra finaliser ce parcours en forme de voyage à travers la mémoire de la pierre.
Entre ces deux dates, une cartographie sensible du territoire se dessine, reliant médinas, sites antiques, ksour et paysages culturels dans une même narration : celle d’un génie tunisien capable de s’adapter à son environnement et d’en sublimer les contraintes.
Le patrimoine architectural tunisien apparaît ici comme un langage, une écriture du temps et de la société. Chaque voûte, chaque cour intérieure, chaque ornement raconte une manière d’habiter le monde. Du Sud saharien aux villes du Nord et du Centre, en passant par le littoral chargé d’histoire, se déploie un paysage architectural d’une richesse exceptionnelle, où l’ingéniosité humaine dialogue avec la nature de manière subtile. Cependant, cette édition ne se limite pas aux pierres.
Elle met également à l’honneur les artisans, maîtres d’œuvre, porteurs de savoir-faire ancestraux. Sculpture sur pierre, travail du plâtre et du bois, ferronnerie, céramique, techniques de construction en terre, art du zellige… autant de gestes transmis de génération en génération, qui doivent aujourd’hui être reconnus, préservés et réinventés.
À travers ce Mois du patrimoine, les autorités culturelles affichent une ambition claire : faire évoluer le regard sur l’héritage national. Il ne s’agit plus seulement de conserver ou d’exposer, mais de valoriser durablement.
Le patrimoine devient ainsi une ressource stratégique, capable de nourrir la création, de dynamiser les territoires et de contribuer au développement économique et social. En filigrane, se dessine une volonté de structurer de véritables parcours culturels à l’échelle du pays, où la mémoire se conjugue avec l’avenir. Telles sont les intentions avancées par le ministère et les instances organisatrices.
À un moment où les enjeux de préservation et de transmission sont plus pressants, cette 35e édition du Mois du patrimoine pourrait offrir un moment de réflexion collective et de célébration partagée, avec des résolutions et des propositions concrètes pour leur mise en œuvre. Cela permet à la Tunisie d’affirmer que son architecture n’est pas seulement héritée, mais un trésor à préserver et à entretenir, habitée par sa mémoire et tournée vers son avenir.

