Noyades : 28 morts en seulement deux mois
Le lieutenant-colonel Khalil Meshri a rapporté 28 décès par noyade en deux mois, dont 19 durant le mois d’avril et 9 depuis le 1er mai. La Protection civile prévoit de sécuriser toutes les plages tunisiennes d’ici la fin du mois de juillet, avec la mobilisation de 2 000 à 2 300 maîtres-nageurs sauveteurs.
Le bilan s’avère lourd et alarmant. Le lieutenant-colonel Khalil Meshri, chef de la sous-direction des opérations et du suivi à la direction des opérations de la Protection civile, a rapporté 28 décès par noyade au cours des deux derniers mois. Parmi ceux-ci, 19 décès ont été comptabilisés en avril dernier, et 9 autres depuis le 1er mai jusqu’à ce jour. Ces chiffres sont qualifiés de « particulièrement élevés et inédits » par rapport à la même période des années antérieures.
Dans une intervention à la radio, le lieutenant-colonel Meshri a précisé que la majorité des victimes sont des jeunes, en particulier des lycéens et des étudiants. Ces derniers se rendent massivement sur les plages pour se divertir et faire la fête entre amis, souvent juste après avoir passé le « Bac Sport » ou les examens officiels.
Un appel urgent à la vigilance a été lancé : « La mer est actuellement dangereuse. »
Au regard de cette situation, le responsable a adressé un message clair à la population : « La mer n’est pas sûre pour la baignade en ce moment, et le danger est bien réel car les plages ne sont pas encore prêtes. La mer cache actuellement des courants marins violents et des fosses profondes. Toute tentative d’aventure au large épuisera rapidement l’énergie du baigneur et mènera à la noyade, d’autant plus que les secours ne pourront pas intervenir avec la rapidité requise en cette période pré-saisonnière. »
En ce qui concerne les préparatifs de la Protection civile pour le pic de la saison estivale, le lieutenant-colonel a déclaré que l’objectif est de sécuriser toutes les plages tunisiennes d’ici la fin du mois de juillet. Pour atteindre cet objectif, la mobilisation de 2 000 à 2 300 maîtres-nageurs sauveteurs sera nécessaire.
### Recrutement et organisation : un dispositif conjoint
Concernant le système de recrutement et de formation, Khalil Meshri a expliqué que les candidats doivent soumettre leurs dossiers auprès des municipalités compétentes. La Protection civile se charge ensuite d’effectuer les tests d’aptitude. Les candidats sélectionnés suivent une formation intensive d’une semaine avant de débuter officiellement leurs fonctions.
Sur le plan financier et organisationnel, le dispositif est conjoint : les municipalités gèrent le recrutement et le versement des salaires à travers des budgets alloués, tandis que la Protection civile assure la supervision technique, la répartition sur les plages et le suivi quotidien.
### La prime mensuelle portée à 1 000 dinars pour contrer la pénurie
Le lieutenant-colonel Khalil Meshri a également annoncé, lors de son passage à la radio, une mesure financière exclusive : le doublement de la prime accordée aux maîtres-nageurs sauveteurs, qui atteindra désormais près de 1 000 dinars bruts par mois.
Cette initiative vise à remédier au désintérêt croissant des jeunes pour ce métier. Ce manque de motivation s’explique par la coïncidence entre le début de la période de surveillance et la saison des examens, mais également par la durée des journées de travail, qui se déroulent de 8h00 ou 9h00 du matin (selon les plages) jusqu’à 18h00.
Enfin, face aux préoccupations concernant le manque de concentration de certains sauveteurs, parfois attirés par des emplois secondaires dans les restaurants ou cafés de plage, le responsable s’est voulu rassurant. Il a affirmé que les maîtres-nageurs opèrent sous le contrôle direct de la Protection civile. Des agents y sont déployés en permanence comme superviseurs, et des inspections périodiques et inopinées sont effectuées par les directions régionales et centrales pour garantir une discipline stricte et protéger des vies humaines.

