Nabeul : 1er salon « cap agri agro pêche » sans éleveurs bovins et ovins
La première édition du Salon de l’agriculture et de la pêche «Cap Agri Agro Pêche» s’est tenue du 26 au 29 mars dans l’espace de la Foire internationale de Nabeul. Cet événement a été marqué par une faible affluence durant les deux premiers jours, et les éleveurs bovins et ovins ainsi que les représentants de la filière avicole n’étaient pas au rendez-vous.
Sans vaches ni moutons, la première édition du Salon de l’agriculture et de la pêche au Cap Bon, intitulée «Cap Agri Agro Pêche», s’est déroulée du 26 au 29 mars au sein de la Foire internationale de Nabeul. Cet événement a été caractérisé par une affluence limitée durant les deux premiers jours.
Organisé en partenariat avec le bureau régional de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap-Nabeul), l’agence événementielle «Ulysse Expo Events» — spécialisée dans l’organisation de foires et de salons professionnels en Tunisie — a rassemblé une soixantaine d’exposants représentant la plupart des filières du secteur agricole, ainsi que des femmes issues de divers groupements de développement agricole (GDA) de la région.
«65 exposants, dont 40 grandes entreprises, participent à cette première édition du salon dont l’objectif est d’offrir un espace d’échange, de conseil et de rencontres directes entre agriculteurs et opérateurs économiques du secteur dans le gouvernorat de Nabeul, qui compte près de 16 systèmes de production agricole et contribue à hauteur de 15% à la production nationale», a déclaré Imed Bey, président régional de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap-Nabeul). «Ce rendez-vous est également une occasion de mettre en avant la lutte biologique, utilisant des insectes auxiliaires (prédateurs ou parasitoïdes) pour réguler les populations de ravageurs des cultures sans pesticides chimiques, ainsi que les nouvelles technologies agricoles», a-t-il ajouté.
En parallèle, le salon a mis en avant le machinisme agricole (tracteurs, moissonneuses-batteuses, ensileuses, pulvérisateurs, charrues, herses, déchaumeuses, arracheuses, presses à balles, semoirs monogrammes, planteuses et outils de travail du sol), les intrants agricoles (engrais chimiques, amendements, produits phytosanitaires, semences) et l’alimentation animale (fourrages, concentrés, compléments alimentaires destinés au bétail). La promotion des «énergies renouvelables», en particulier le solaire, et de startups présentant des technologies modernes comme la télédétection et le GPS étaient également présentes, visant à améliorer la productivité des petits agriculteurs, réduire l’effort humain et augmenter le rendement des exploitations.
Les organisateurs ont également prévu une série de conférences scientifiques et d’ateliers de formation mettant en lumière le concept d’«agriculture intelligente» grâce à de nouvelles techniques de culture plus résilientes face aux changements climatiques, comme l’hydroponie (agriculture hors-sol) ciblant la filière de la tomate.
«Notre salon a voulu être un espace rassemblant tous les acteurs du secteur agricole. La femme rurale et les produits du terroir de la région (eaux florales, épices, condiments, etc.) sont au rendez-vous. Cap Agri-Agro Pêche se veut un espace inclusif qui réunit non seulement tous les opérateurs agricoles, mais aussi une occasion pour sensibiliser les agriculteurs sur les nouveaux défis du secteur», a indiqué Wala Haddad, directrice commerciale de l’agence événementielle «Ulysse Expo Events». «Qui dit Cap Bon, dit filière agrumicole. Pourtant, ces dernières années, plusieurs agriculteurs de la région ont eu tendance à remplacer leurs plantations d’agrumes par des oliveraies. Entre la pénurie d’eau causée par le changement climatique et les contraintes logistiques, l’activité oléicole semble plus rentable. Cependant, lors de ce salon, nous avons organisé une table ronde pour sensibiliser les agriculteurs sur l’importance de préserver la filière agrumicole et offrir de nouvelles perspectives pour valoriser leurs productions via le développement de produits dérivés à forte valeur ajoutée», a-t-elle précisé.
Il convient de rappeler que le Cap Bon est le leader incontesté de la filière agrumicole en Tunisie, représentant environ 70 à 75 % de la production nationale et 90 % des exportations d’oranges Maltaises. Concentrée autour de Menzel Bouzelfa et Beni Khalled, cette production de près de 270.000 tonnes en 2025 souffre néanmoins de stress hydrique et d’un manque de structures modernes capables de canaliser et réguler les flux de marchandises.
Malgré tout, les éleveurs bovins et ovins ainsi que les représentants de la filière avicole étaient absents. Les vaches, les moutons et les volailles, habituellement attrayants lors des salons d’agriculture, n’ont pas été présents. Certains expliquent cette absence par la baisse du cheptel régional, tandis que d’autres évoquent la crainte des éleveurs face aux risques d’épidémies, comme la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui sévit actuellement en France.
«La présence des animaux d’élevage nécessite une logistique assez lourde. Les éleveurs ne souhaitent pas exhiber leurs bêtes au grand public par peur de contracter une maladie ou un virus. C’est une très grande responsabilité !», a souligné Mme Haddad.
Enfin, un point de vente — du producteur au consommateur — de produits de pisciculture ainsi que des dégustations d’anchois ont été proposés lors de ce premier salon de l’agriculture et de la pêche au Cap Bon, qui a été marqué par une faible affluence, en particulier durant les deux premiers jours.

