Tunisie

Les Tunisiens ne dormiront pas à cause du ballon rond.

Le Mondial 2026 de football, qui se déroule en Amérique du Nord, a conduit de nombreux supporters tunisiens à sacrifier des heures de sommeil pour suivre les matchs. Les spécialistes mettent en garde contre les effets d’un manque de sommeil répété et recommandent de récupérer les heures de sommeil perdues dès que possible.


Le Mondial de football en Amérique a profondément modifié les habitudes de sommeil de nombreux supporters tunisiens, prêts à renoncer à quelques heures de repos pour suivre les matchs. Les experts mettent cependant en garde contre les effets d’un manque de sommeil chronique et encouragent à adopter des réflexes simples pour préserver sa santé.

La Presse — La Coupe du monde 2026, qui se déroule en Amérique du Nord, principalement aux États-Unis, captive les téléspectateurs du monde entier. Malgré le décalage horaire important avec la Tunisie, surtout lors des matchs programmés au milieu de la nuit ou aux premières heures du matin, les supporters ont répondu présent et se sont montrés enthousiastes.

Dans les cafés, les foyers ou devant les écrans de téléphones, les Tunisiens ont vibré au rythme des performances des Aigles de Carthage. Beaucoup ont prolongé leurs soirées jusqu’à l’aube, écourtant ainsi considérablement leur temps de sommeil avant de reprendre le travail ou les études. Amor B., passionné de football âgé d’une quarantaine d’années, a partagé sa méthode pour assister aux matchs malgré les horaires compliqués.

« Pour le match de la Tunisie contre le Japon, il y a trois semaines, je me suis endormi à 23 heures pour me réveiller à 5 heures, regarder le match, puis me rendre directement au travail ». À cette occasion, une fan zone a même été installée en banlieue de Tunis, où des supporters ont exprimé leur déception tout en appréciant l’expérience du football au petit matin. Pour eux, le football passe avant le sommeil.

Chaque match de l’équipe nationale a suscité une forte mobilisation populaire. Les rues se vidaient quelques instants avant le coup d’envoi, tandis que les cafés diffusant les matchs étaient complets. L’émotion, la tension et l’espoir d’un parcours historique ont largement pris le pas sur la fatigue.

Pour de nombreux supporters, le réveil du lendemain a été particulièrement difficile. Retards au travail, baisse de concentration, somnolence pendant la journée et irritabilité figurent parmi les conséquences fréquemment rapportées. Certains ont même demandé un jour de congé pour se remettre après les matchs les plus attendus.

Un supporter a par exemple pris un jour de congé le lundi pour voir le premier match de la Tunisie contre la Suède, soutenu par le fait que le lendemain était le premier jour de l’an hégirien. Cela lui a permis de préserver à la fois son sommeil et son plaisir de regarder les matchs à la télévision.

Au-delà de ces quelques semaines de compétition, les spécialistes soulignent que plusieurs nuits écourtées successivement peuvent perturber durablement l’horloge biologique. Le manque de sommeil nuit à la mémorisation, diminue la vigilance et augmente les risques d’accidents, que ce soit sur la route ou au travail. Les écrans, souvent utilisés jusqu’au coup de sifflet final, aggravent ces troubles. La lumière émise par les téléviseurs, smartphones et tablettes retarde l’endormissement et altère la qualité du sommeil.

Dans ce contexte exceptionnel, la Société tunisienne des maladies du sommeil conseille aux supporters de profiter de l’événement tout en veillant à leur santé. Elle recommande notamment de compenser les heures de sommeil perdues dès que possible, de faire une courte sieste de 20 à 30 minutes dans la journée si possible, et d’éviter les excitants comme le café, les boissons énergétiques ou le thé en grande quantité durant la seconde partie de la nuit.

Les experts conseillent également de limiter l’exposition aux écrans immédiatement après les matchs, de maintenir des horaires de sommeil réguliers et de ne pas conduire en cas de fatigue importante ou de somnolence.

Tous les quatre ans, la Coupe du monde représente un moment de communion populaire qui dépasse le domaine du sport. L’édition 2026 n’a pas failli à cette tradition. En Tunisie, l’engouement pour les rencontres de la sélection nationale a de nouveau prouvé l’importance du football dans le cœur des citoyens.

Bien que les nuits blanches resteront certainement des souvenirs marquants de cette édition, les médecins rappellent qu’une fois la compétition terminée, il est essentiel de retrouver progressivement un rythme de sommeil normal pour éviter que ces perturbations temporaires ne s’installent durablement.