Tunisie

Le « Zgougou » devient rare et cher, intérêt en berne

Le prix du «zgougou» suscite peu d’intérêt, oscillant entre cinquante et cinquante-cinq dinars, comme en témoignent les rayons des grandes surfaces, presque vides. Les cheftaines de familles, en quête d’autres produits, semblent ignorer cet ingrédient traditionnel, pourtant essentiel pour la préparation de la fameuse crème ou bouillie à base de pin d’Alep.

Une mère, rencontrée lors de ses courses, a exprimé son désintérêt pour le «zgougou», affirmant qu’elle était venue acheter de l’eau, et a souligné qu’elle n’avait pas l’intention de dépenser pour des produits jugés luxueux, surtout avec la rentrée scolaire imminente. Elle a fait remarquer que les prix des fruits secs, notamment des amandes et pistaches, atteignent des sommets inaccessibles.

Cette situation révèle un changement de priorités au sein des ménages, contraints par des réalités économiques de plus en plus difficiles. Ce tournant, bien que positif, met en lumière la tradition de l’«assida», qui, autrefois célébrée, est désormais perçue comme un fardeau financier.

Un effet collatéral de cette évolution pourrait être une réduction de la pression sur le pin d’Alep, dont une partie des forêts a été ravagée par des incendies récents. Moins de demande pourrait entraîner une baisse des prix, d’autant plus que ce produit est difficile à conserver, souvent sujet à des problèmes de moisissures qui compliquent la gestion des stocks. Les spéculateurs, qui anticipent des hausses de prix, pourraient être moins actifs si la consommation diminue.

Par ailleurs, les producteurs de pâte de pin d’Alep en boîtes «prêt à l’emploi» ont modifié les dynamiques du marché. De nombreux agriculteurs préfèrent vendre leurs récoltes en gros pour éviter les coûts liés à la vente au détail, ce qui contribue à la hausse des prix du pin d’Alep en grains.

Malgré ces changements, il est peu probable que la tradition disparaisse complètement. Les coutumes, profondément ancrées dans la culture, résistent difficilement à l’épreuve du temps. Toutefois, face à la chaleur accablante, aux pénuries d’eau et à l’instabilité de l’approvisionnement électrique, les préoccupations des consommateurs semblent se déplacer. Les plaintes sur les pénuries, souvent amplifiées, profitent aux spéculateurs, qui profitent des fluctuations du marché pour maximiser leurs profits. En somme, moins d’attention portée à ces sujets pourrait s’avérer bénéfique, réduisant ainsi les opportunités d’exploitation par ceux qui cherchent à tirer profit de la situation.