
Le faux miel asiatique envahit nos marchés et menace l’apiculture.
Le syndicat des agriculteurs de Bizerte dénonce la vente massive de sirops de sucre industriels importés de Chine et de l’Inde, qui sont commercialisés en tant que véritable miel, menaçant ainsi la filière locale. Dans une déclaration diffusée sur les ondes de Jawhara FM, Imed Ouadhour a précisé que « ce manque de transparence lèse gravement le consommateur et met en danger la santé publique ».
Le syndicat des agriculteurs de Bizerte s’oppose à la vente massive de sirops de sucre industriels importés de Chine et d’Inde, qui sont commercialisés comme du véritable miel. Ces produits, proposés à bas prix principalement sur Internet, menacent la filière locale, où le miel authentique est délaissé.
« Une menace économique et sanitaire majeure pèse sur la filière apicole tunisienne », a déclaré Imed Ouadhour, secrétaire général du Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte, lors de son intervention du lundi 6 juillet 2026.
Dans une déclaration sur les ondes de Jawhara FM, il a dénoncé la prolifération incontrôlée de miel frelaté sur le marché tunisien. Selon lui, ces produits contrefaits, importés massivement de Chine et de l’Inde, ne sont que des mélanges chimiques de sirops de sucre industriels de mauvaise qualité. « Ces produits n’ont aucun lien biologique avec le miel naturel issu du butinage des abeilles », a-t-il précisé.
Cette concurrence déloyale est aggravée par des campagnes publicitaires agressives sur les réseaux sociaux et certains médias complaisants. « Les importateurs contournent les réseaux légaux en proposant ces produits à des tarifs bas et attractifs », a-t-il souligné. Il a ajouté que l’apiculture tunisienne offre du miel naturel, dont le prix du pot oscille entre 45 et 60 dinars, précisant que le pot se vend environ 60 dinars au détail et à 45 dinars en gros. Il a néanmoins noté que le faux miel est vendu à des prix bien inférieurs, ce qui « fragilise les exploitations tunisiennes et jette un discrédit injustifié sur l’honnêteté des apiculteurs nationaux ».
Le côté sanitaire de cette crise est particulièrement préoccupant pour les professionnels de la santé. L’expert syndical a reconnu qu’il est techniquement impossible pour un consommateur ordinaire de déceler la fraude uniquement avec des méthodes traditionnelles. « Ce manque de transparence nuit gravement au consommateur et met en danger la santé publique. De nombreux citoyens sont trompés en achetant du miel pour des raisons thérapeutiques ou pour traiter des pathologies chroniques », a-t-il ajouté. Face à cette situation, le Syndicat régional des agriculteurs exige une intervention immédiate du ministère du Commerce. « Les professionnels réclament l’application d’un protocole d’étiquetage strict obligeant les importateurs à indiquer clairement ‘’miel industriel’’ ou ‘’préparation au goût de miel’’ sur les emballages ».
Le syndicat appelle également à une refonte réglementaire complète pour structurer, assainir et protéger juridiquement le secteur apicole tunisien contre les importations sauvages.
