Tunisie

L’Algérie modifie les règles de l’allocation touristique de 750 €

Le Conseil des ministres, réuni dimanche 12 juillet sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, a décidé que les 750 euros accordés aux voyageurs adultes et les 300 euros destinés aux mineurs éligibles seront désormais versés par le biais d’une carte bancaire. Cette décision vise à écarter les intermédiaires et certaines agences de voyages qui exploitent indûment le dispositif d’allocation touristique.


L’Algérie renforce les conditions d’accès à son allocation touristique. Réuni le dimanche 12 juillet sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres a décidé que les 750 euros accordés aux voyageurs adultes (ainsi que les 300 euros pour les mineurs éligibles) seront désormais versés, à titre provisoire, via une carte bancaire et non plus en espèces. Cette mesure a été présentée comme une réponse aux fraudes fréquentes constatées depuis l’instauration de la nouvelle allocation.

Dans son communiqué, la Présidence a justifié cette décision par de “graves dépassements” ayant entraîné une importante sortie de devises sans que les bénéficiaires légitimes ne profitent vraiment de cette allocation. Le chef de l’État a également souligné que ce nouveau mode de paiement vise à écarter les intermédiaires et certaines agences de voyages qui abusaient indûment de ce dispositif.

Cette réforme représente un nouveau tournant dans la gestion du droit de change accordé aux voyageurs algériens. Revalorisée en 2025, l’allocation touristique est passée de l’ancien montant de 15 000 dinars à 750 euros par adulte et 300 euros par enfant, une fois par an, pour rapprocher le montant accordé des besoins réels des voyageurs.

Une réponse aux détournements

Depuis plusieurs mois, les autorités dénoncent des pratiques frauduleuses ayant détourné l’objectif initial de cette mesure. Des intermédiaires et certaines agences de voyages auraient organisé des voyages fictifs ou très courts pour permettre à des tiers d’obtenir des devises au taux de change officiel, avant leur revente sur le marché parallèle, où l’euro s’échange à un prix nettement supérieur. Ce mécanisme permettait de réaliser d’importants bénéfices au détriment des réserves nationales en devises.

Le recours à la carte bancaire devrait ainsi permettre une meilleure traçabilité des opérations, limiter les manipulations en espèces et réduire les possibilités de détournement du dispositif.

Les modalités restent encore à préciser

Bien que la décision politique soit désormais entérinée, plusieurs questions demeurent sans réponse. Le communiqué du Conseil des ministres ne précise ni les banques concernées, ni les types de cartes acceptées, ni les modalités exactes de versement ou d’utilisation de l’allocation.

À ce jour, aucune instruction détaillée de la Banque d’Algérie n’a encore été rendue publique pour expliquer la procédure que devront suivre les voyageurs. Les établissements bancaires attendent également les textes d’application avant de mettre en œuvre la nouvelle mesure.

En attendant ces précisions, plusieurs médias spécialisés estiment que les voyageurs devront probablement disposer d’une carte bancaire internationale, liée à un compte en devises, pour recevoir leur allocation. Une telle procédure impliquerait l’ouverture de comptes bancaires spécifiques, le paiement de frais de gestion ainsi que des délais parfois longs pour obtenir la carte.

Ces informations sont toutefois basées sur les pratiques actuelles dans certaines banques et non sur une réglementation officielle publiée après la décision du Conseil des ministres. Les modalités définitives pourraient donc évoluer dans les prochains jours.

Une réforme qui s’inscrit dans une stratégie plus large

Au-delà du simple changement de mode de paiement, cette décision reflète la volonté des autorités algériennes de mieux contrôler les sorties de devises et de renforcer la transparence des opérations financières liées aux voyages à l’étranger.

Lors de la même réunion, le président Tebboune a également exhorté le gouvernement à mettre en place un plan visant à développer l’offre touristique nationale et à encourager davantage les Algériens à passer leurs vacances dans leur propre pays, soulignant que la réforme de l’allocation touristique fais partie d’une politique plus globale de gestion des devises et de promotion du tourisme intérieur.

En attendant la publication des textes d’application, une certitude demeure : le principe du versement de l’allocation touristique est maintenu, mais son accès entre dans une nouvelle phase, plus encadrée, où la traçabilité des paiements devient désormais un aspect central de la politique monétaire et de la lutte contre les fraudes.