Tunisie

La BCT ne modifie pas son taux directeur, maintenu à 7 %

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion tenue le 3 juin 2026, de maintenir son taux directeur inchangé à 7%. La croissance économique s’est établie à 2,6 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, supérieure au niveau enregistré une année auparavant, qui s’était situé à 1,6%.


Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé, lors de sa réunion du mercredi 3 juin 2026, de garder son taux directeur à 7 %.

Le Conseil a réaffirmé la nécessité de maintenir une politique monétaire prudente pour préserver la stabilité des prix, contenir les anticipations inflationnistes et soutenir la résilience des équilibres macroéconomiques, selon un communiqué de la BCT.

Cette réunion a été l’occasion d’examiner les évolutions économiques, monétaires et financières récentes, tant à l’international qu’au niveau national, ainsi que la dynamique de l’inflation et les risques associés à ses perspectives.

Au niveau national, la croissance économique a atteint 2,6 % en glissement annuel au premier trimestre 2026. « Bien qu’en léger recul par rapport au trimestre précédent (2,7 %), elle reste supérieure au chiffre enregistré un an plus tôt, qui était de 1,6 % », a précisé l’Institut d’émission.

Il a également été souligné que cette évolution est le résultat d’un redressement dans le secteur des services, d’une performance positive du secteur agricole et de la résilience de certaines branches du secteur industriel, malgré une contraction marquée de l’activité dans le secteur de la construction.

En ce qui concerne le secteur extérieur, la solidité de la balance des services et des revenus des facteurs a continué de soutenir l’évolution de la balance courante, atténuant ainsi l’impact du creusement du déficit commercial, principalement causé par l’augmentation de la facture énergétique.

Ainsi, le déficit courant a diminué à 2.731 millions de dinars (ou 1,5 % du PIB) à la fin du mois d’avril 2026, contre 2.957 millions de dinars (ou 1,7 % du PIB) un an auparavant.

Hors de l’énergie, la balance courante a affiché un excédent de +1.461 millions de dinars à fin avril 2026, comparé à +726 millions de dinars l’année précédente.

Les avoirs nets en devises ont continué de se renforcer, atteignant 25,5 milliards de dinars (ou 104 jours d’importations) au 2 juin 2026, contre 22,6 milliards de dinars (98 jours d’importations) un an auparavant.

Concernant les prix à la consommation, le taux d’inflation a augmenté en avril 2026, s’établissant à 5,5 %, contre 5,0 % le mois précédent.

Cette hausse s’explique principalement par la forte augmentation des prix des produits alimentaires frais, dont le rythme a atteint 13,3 %, contre 10,9 % en mars 2026, ainsi que par une poursuite du renforcement de l’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix à la consommation « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés », qui s’est élevé à 5,0 %, contre 4,8 % le mois précédent.

En revanche, l’inflation des produits à prix administrés a montré une légère détente, revenant à 1,0 % en avril 2026, contre 1,2 % le mois précédent, en raison du gel des prix des principaux produits de base.

Le Conseil souligne que les pressions inflationnistes d’origine externe se sont récemment intensifiées et leur transmission à la structure des prix domestiques représente un risque à la hausse pour l’évolution future de l’inflation.

Au niveau international, l’environnement économique reste marqué par des risques élevés, dans un contexte géopolitique toujours tendu au Moyen-Orient, dont les effets continuent d’influencer les marchés mondiaux des matières premières et des produits alimentaires de base.

Parallèlement, l’inflation a accéléré dans les principales économies durant le mois d’avril 2026.

La persistance de l’inflation sous-jacente a également contribué à maintenir l’inflation globale à des niveaux supérieurs aux objectifs des banques centrales durant les premiers mois de l’année.

Dans ce cadre, les principales banques centrales ont choisi de maintenir le statu quo lors de leurs dernières réunions de politique monétaire, compte tenu des incertitudes concernant les perspectives de l’évolution des prix.