
Human Rights Watch : L’armement des colons n’aggrave pas le déplacement forcé des Palestiniens
Human Rights Watch a récemment mis en lumière une situation alarmante en Cisjordanie occupée, où les actions des colons sionistes, soutenues par les autorités d’occupation, exacerbent le déplacement forcé des Palestiniens. Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation a souligné que cette dynamique menace l’existence même de nombreuses localités palestiniennes.
Depuis le début de l’année 2023, les violences perpétrées par les colons ont entraîné le déplacement total ou partiel de 107 villages, touchant environ 5 900 Palestiniens. Entre janvier et le 24 juillet, 15 Palestiniens, dont deux enfants, ont perdu la vie à la suite d’attaques de colons. Les mois de mars et avril ont été marqués par une intensification des actes de violence, incluant meurtres, agressions physiques, détentions arbitraires et destructions de biens.
L’enquête menée par Human Rights Watch en avril et mai de l’année précédente a révélé des agressions ciblant les Palestiniens et leurs biens, souvent en présence de l’armée d’occupation, qui reste passive face à ces violences. Ce constat met en lumière un système de déplacements forcés qui s’installe progressivement.
Les attaques des colons visent également les moyens de subsistance des Palestiniens, en restreignant leur accès aux pâturages et aux ressources en eau, en tuant ou en volant leur bétail, et en détruisant leurs terres agricoles. Cette destruction forcée pousse de nombreux Palestiniens à vendre leur bétail à perte ou à supporter des coûts supplémentaires pour leur entretien, les contraignant ainsi à quitter leurs terres.
L’Office de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a rapporté que, durant les quatre premiers mois de 2026, le nombre de Palestiniens déplacés par les attaques de colons a dépassé celui enregistré pour l’année entière 2025. En moyenne, 6,6 attaques par jour ont été recensées, un chiffre record pour l’agence.
Human Rights Watch a également noté que les logements coloniaux servent souvent de points de départ pour les agressions contre les Palestiniens. Selon des données de l’organisation « La Paix Maintenant », 248 nouveaux logements de colons ont été établis en Cisjordanie sous le gouvernement de Benjamin Netanyahu, dont 65 depuis le début de 2026. Ces avant-postes contrôlent plus d’un million de dounams de terres, représentant environ 18 % de la Cisjordanie, ce qui illustre l’expansion continue des saisies de terres et la violence des colons.
L’organisation a rappelé que l’article 49 de la quatrième Convention de Genève interdit à la puissance occupante de transférer ou de déplacer de force la population civile du territoire occupé, sauf pour des raisons de sécurité ou militaires urgentes. Elle a accusé les autorités d’occupation de ne pas protéger les Palestiniens, de ne pas enquêter sur les attaques des colons et de ne pas poursuivre les responsables, mais de soutenir ces violences par leur aide matérielle.
Human Rights Watch appelle à une action internationale pour prévenir de nouvelles violations des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, notamment en imposant des sanctions aux personnes impliquées, en suspendant les transferts d’armes à l’occupant, et en interdisant le commerce avec les colonies illégales. L’organisation insiste sur le fait que la responsabilité doit s’étendre au-delà des colons qui commettent les attaques, englobant également ceux qui les soutiennent et les protègent.
