
Cannes : La police municipale équipée de « détecteurs de protoxyde d’azote » ?
La lutte contre l’usage récréatif du protoxyde d’azote prend une nouvelle tournure à Cannes. La municipalité a récemment introduit un dispositif innovant permettant à la police municipale de détecter ce gaz dans l’air expiré des conducteurs. En effet, la ville se positionne comme pionnière en France en s’équipant de ces appareils, qui fonctionnent de manière similaire aux éthylotests utilisés pour l’alcool.
Lors d’une opération nocturne, les forces de l’ordre ont procédé à dix contrôles, dont l’un a révélé un conducteur positif au protoxyde d’azote. Ce dernier a été verbalisé et son véhicule immobilisé, bien qu’il ait finalement pu reprendre le volant après un second dépistage négatif, plus d’une heure plus tard.
Les contrôles n’ont pas seulement concerné le conducteur. Un passager a également été sanctionné pour consommation de protoxyde d’azote, tandis que trois autres individus ont été verbalisés pour détention de bonbonnes. La municipalité souligne les dangers que représente ce gaz, souvent utilisé par les jeunes, qui peut entraîner des effets dévastateurs sur la santé, tels que des troubles neurologiques, des paralysies, des problèmes respiratoires ou des irrégularités cardiaques.
Cependant, l’utilisation de ce détecteur soulève des questions juridiques. En effet, l’appareil n’est pas homologué, et les sanctions reposent sur un arrêté municipal de 2025 interdisant la vente de bonbonnes de protoxyde d’azote. Le maire de Cannes, David Lisnard, a reconnu que le cadre juridique actuel ne prévoit pas de réponse judiciaire claire à cette problématique. Néanmoins, il affirme sa volonté d’anticiper la loi Ripost, qui vise à renforcer la sécurité des usagers sur la route.
Cette loi, récemment promulguée, durcit les sanctions relatives à l’usage détourné du protoxyde d’azote. Elle inclut une interdiction totale de sa vente aux particuliers, dont l’application est prévue pour le 1er février 2027. Ainsi, Cannes s’inscrit dans une démarche proactive pour lutter contre les dangers associés à ce gaz, tout en naviguant dans un cadre juridique encore flou.
