
Droits de douane : nouvelles tensions entre les Etats-Unis et le Canada.
Les tensions entre les États-Unis et le Canada connaissent un nouvel épisode, marqué par l’échec des négociations commerciales qui se sont conclues vendredi soir, juste avant l’échéance imposée par le président américain, Donald Trump. À partir de samedi, des droits de douane de 50 % s’appliquent à environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, une situation qui a conduit Ottawa à promettre une réponse proportionnelle, exacerbant ainsi les frictions entre les deux nations.
Donald Trump avait fixé un ultimatum à Ottawa pour finaliser un accord commercial, menaçant d’imposer de nouvelles surtaxes sur divers produits canadiens. Ces droits de douane, appliqués depuis ce week-end, touchent des articles variés tels que le matériel de hockey, le ciment, la bière, certains équipements électriques et divers produits alimentaires. Environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis sont désormais concernées, représentant un montant significatif de 20 milliards de dollars. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a accusé le Canada de ne pas avoir finalisé l’accord, évoquant des demandes additionnelles et des concessions remises en question.
Face à cette situation, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a décidé de mettre un terme aux discussions et de rappeler son équipe à Ottawa. Il a qualifié les dernières propositions américaines d’« injustes » et « non économiques », remettant en cause la fiabilité d’un éventuel accord. « Nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir », a-t-il affirmé. Carney a également souligné que le Canada « s’éloignait d’un mauvais accord » et a annoncé une riposte « au dollar près », avec des droits de douane canadiens sur des produits américains qui entreront en vigueur le 8 septembre. Ces mesures viseront notamment l’acier, les produits laitiers, les appareils électroménagers, les équipements agricoles, la pâte à papier et les produits électroniques.
Un sondage révèle que 56 % des Canadiens soutiennent une approche ferme et la fin des concessions envers Washington. La position de Donald Trump est mal perçue au Canada, en particulier lorsqu’il évoque l’idée de faire du pays le « 51e État » américain, ce qui renforce le soutien à Carney sur cette question.
Les négociations avaient pourtant montré des signes d’avancement ces dernières semaines, avec un report de l’entrée en vigueur des surtaxes au 21 août pour permettre davantage de discussions. Cependant, les deux parties n’ont pas réussi à s’accorder sur les dernières conditions. Washington a accusé le Canada d’avoir introduit de nouvelles exigences et d’avoir renié certains engagements, tandis que Carney a jugé que les modifications de dernière minute proposées par les États-Unis rendaient l’accord inacceptable.
Malgré tout, le Canada demeure fortement dépendant de son voisin du sud, avec environ 70 % de ses exportations destinées aux États-Unis. L’an dernier, les échanges entre les deux pays ont atteint environ 880 milliards de dollars, soulignant l’importance de leur relation économique. Le choix de Mark Carney de rompre les négociations comporte des risques, car bien que les nouvelles surtaxes ne touchent qu’une partie des exportations canadiennes, leur impact devrait être « réel », en particulier dans des provinces comme le Québec et l’Ontario.
