Gabès Cinéma Fen et CinéMadart : L’expérience se prolonge !
Du 3 au 23 juin 2026, Gabès cinéma fen propose une reprise de sa programmation filmique, offrant au public une seconde chance de découvrir certaines œuvres marquantes de sa 8e édition. Le cycle ouvrira le 3 juin à 19h30 avec « With Hasan in Gaza » du réalisateur palestinien Kamal Aljafari.
Du 3 au 23 juin 2026, Gabès cinéma fen propose au public une nouvelle chance de découvrir certaines œuvres marquantes de sa 8e édition, qui s’est tenue du 26 avril au 2 mai dernier.
Lors de cette édition, la section cinéma du festival a présenté huit longs métrages dans la catégorie Cinéma arabe, trois films au sein du Cinéma du monde, huit courts métrages, une rétrospective dédiée au réalisateur Oliver Laxe, des séances spéciales autour des films de Kaouther Ben Hania et Hichem Ben Ammar, ainsi qu’un hommage à Fadhel Jaïbi. S’ajoutaient les sections Ciné-Promesse pour les jeunes cinéastes tunisiens, Ciné-Terre, à visée écologique, et Ciné-Kid’z destiné au jeune public.
Cette reprise, qui se tiendra au CinéMadart, met en lumière des cinéastes venant de Palestine, d’Irak, du Liban, du Maroc et de Suisse, à travers un éventail de formats allant du documentaire à la fiction. La programmation aborde des thématiques telles que la mémoire, l’exil, la survie et la résistance face aux conflits, à la colonisation, à la tyrannie ou à l’effacement.
Le cycle s’ouvrira ce soir, 3 juin, à 19h30 avec « With Hasan in Gaza » du réalisateur palestinien Kamal Aljafari. Basé sur trois cassettes MiniDV retrouvées plus de vingt ans après leur tournage à Gaza, le film suit une quête initiale pour retrouver un ancien codétenu, se transformant en exploration du territoire aux côtés d’un guide local nommé Hasan. Le documentaire mêle archives et réflexions sur le temps, saisissant les traces d’un monde disparu.
Le lendemain, le public pourra visionner « Le Gâteau du Président » de l’Irakien Hassan Hadi. Ce film, lauréat de la Caméra d’or au Festival de Cannes et candidat aux Oscars 2026, plonge dans l’Irak des années 1990. À travers les yeux de Lamiaa, une fillette de neuf ans chargée de préparer un gâteau pour l’anniversaire de Saddam Hussein malgré les pénuries dues à l’embargo, le film aborde avec finesse la violence du pouvoir et l’ingéniosité de ceux qui vivent en son sein.
Le 9 juin, la soirée débutera avec le court métrage « I’m Glad You’re Dead Now » du réalisateur palestinien Tawfeek Barhom, où deux frères retournent sur l’île de leur enfance et affrontent un passé longtemps enfoui. La projection sera suivie de « Who Is Still Alive » (Qui vit encore), un documentaire du cinéaste suisse Nicolas Wadimoff. Cette œuvre poignante, qui a fait forte impression lors du Cinéma Gabès Fen, évoque Gaza et redonne visage et voix à ceux que la guerre a tenté d’effacer.
Il s’agit du 4e long métrage que Wadimoff consacre à Gaza après « L’Accord » (2005), « Aisheen » (2010) et « L’Apollon de Gaza » (2018). Une carte de la ville apparaît en blanc sur fond noir. Ses villes, ses camps et ses quartiers dessinent les contours d’un territoire meurtri, tandis que résonnent les témoignages de neuf réfugiés ayant survécu à la guerre.
Chaque réfugié raconte sa vie d’avant, les êtres chers disparus, ainsi que les souvenirs d’un quotidien brutalement interrompu. Ces récits, qui mêlent mémoire, deuil et résistance, forment une mosaïque humaine où des existences blessées refusent de disparaître. En prenant la parole, les protagonistes cherchent à retrouver leur identité, à échapper à la condition de fantômes imposée par la violence et, peut-être, à renouer avec la vie.
Enfin, le 23 juin, deux documentaires viendront clôturer cette programmation. Le court métrage « L’Mina » de l’artiste marocaine Randa Maroufi s’intéresse à la ville minière de Jerada, où l’exploitation du charbon se poursuit de manière informelle malgré la fermeture officielle des mines. En collaboration avec les habitants, le film reconstitue les gestes du travail minier à travers un dispositif mêlant documentaire et mise en scène.
La soirée se poursuivra avec « Souraya mon amour » du réalisateur libanais Nicolas Khoury. À travers des archives, souvenirs et confidences, la danseuse et actrice Souraya Baghdadi revisite son histoire avec son époux disparu, le cinéaste Maroun Bagdadi, offrant une méditation sensible sur l’amour, la mémoire et la persistance des liens au-delà de l’absence.

