
Foued Ali : « Les délestages de la STEG ne sont pas liés à la canicule » !
L’expert en énergie, Foued Ali, met en lumière des enjeux bien plus profonds derrière les coupures d’électricité qui perturbent la Tunisie, en soulignant que la canicule n’est pas la seule responsable. Lors d’une interview diffusée sur Jawhara Fm le jeudi 20 août 2026, il a expliqué que les interruptions de courant, qui touchent l’ensemble des gouvernorats, sont le résultat d’une crise structurelle persistante au sein du système énergétique national, aggravée par une réduction significative des budgets de maintenance de la STEG au cours des cinq dernières années.
Ali a affirmé que « les coupures répétées d’électricité en Tunisie ne sont pas principalement liées aux vagues de chaleur ». Selon lui, le manque de marge de sécurité dans le système de production d’électricité durant l’été rend le pays dépendant des importations d’énergie et de gaz pour satisfaire la demande. Il a précisé que lorsque les pays fournisseurs enregistrent également des pics de consommation, la capacité d’assistance diminue, entraînant des délestages nécessaires pour éviter un effondrement du réseau.
Le rapport technique qu’il a présenté met en exergue la vulnérabilité du réseau électrique, qui fonctionne sans marge de sécurité technique pendant la période estivale. Cette situation critique contraint les autorités à recourir à des importations massives d’électricité et de gaz naturel pour équilibrer l’offre et la demande. Ali a également souligné que, traditionnellement, la capacité de production atteint ses niveaux les plus bas à la fin du mois d’août, en raison de divers facteurs, notamment l’augmentation de l’humidité marine qui nuit à l’efficacité des centrales.
Avec des prévisions de températures dépassant les 40 degrés à partir du vendredi 21 août, l’expert met en garde contre une aggravation des coupures si des mesures stratégiques ne sont pas prises. Il insiste sur la nécessité d’aborder les racines financières de cette crise, marquée par une chute de 87 % des investissements structurels de la STEG au cours des cinq dernières années. Pour restaurer la souveraineté énergétique du pays, il appelle les décideurs à débloquer les concessions d’exploitation en attente et à investir dans de nouvelles centrales thermiques de grande capacité. « Il faut réviser les orientations, trouver des règlements pour le dossier des concessions bloqué, et accélérer le lancement de nouveaux investissements pour la construction de centrales de production traditionnelles », a conclu M. Ali.
