
FIFAK 2026 : Ghazawiyet et identités croisées en question
La 39e édition du Festival international de films d’animation et de courts métrages (FIFAK) se poursuit avec une affluence grandissante, notamment lors d’une soirée spéciale dédiée à la Palestine. Cet événement, intitulé « Ghazawiyet », a été marqué par la projection de courtes vidéos illustrant le Festival international des femmes de Gaza, en présence de son directeur, Ezzeddin Shalah. Cette initiative témoigne d’un soutien indéfectible à la cause palestinienne.
Avant le début des projections des films en compétition, le public a eu l’occasion de visionner une vidéo humoristique réalisée par Jacky, un personnage emblématique du festival, qui aborde la problématique de la pénurie d’eau en bouteilles que connaît actuellement le pays.
La compétition internationale a ensuite pris le relais, mettant en avant une diversité de créations cinématographiques. Six films, allant du documentaire à la fiction et à l’animation, ont été projetés, représentant plusieurs pays. Parmi eux, le documentaire « Silk Spun » de Marguerite Ranger (Canada/Vietnam), d’une durée de 19 minutes, explore les relations intergénérationnelles au sein d’une famille vietnamienne vivant au Québec depuis 1975. Ce film met en lumière les disparités de contexte qui influencent l’identité individuelle des femmes de cette famille à travers leurs liens intimes.
Un autre documentaire, « Allegory of the cave » de Weipeng Huang et Yajin Wang (Chine), d’une durée de 8 minutes, propose une adaptation visuelle du mythe de la caverne de Platon, utilisant des techniques d’imagerie abstraite pour traiter des thèmes de chaos et de perception. La Libye est représentée par « Echo » de Mohamed Masli, qui présente l’état désolé d’une salle de cinéma en ruine, évoquant des souvenirs d’un lieu où le réalisateur a appris à apprécier le cinéma. Ce thème récurrent dans les œuvres de pays en guerre souligne la raréfaction des salles de projection.
Du côté de la fiction, « Badaro Complex » d’Adam Mabrouk (Liban) illustre la diversité culturelle d’un complexe commercial à Beyrouth, explorant les relations complexes entre ses protagonistes. Le film tunisien « Livret de famille » de Youssef Ghariani, une comédie de 24 minutes, raconte l’histoire d’une famille piégée par une émission de télévision promettant une somme d’argent qui se révèle dérisoire. Inspiré d’un court-métrage sud-coréen, il aborde des thèmes de désillusion et d’espoir.
Le collectif britannique de trois réalisateurs présente « Like an Orchid », qui dépeint le quotidien d’une femme confrontée à des vexations dans un métro bondé, illustrant la violence subtile à travers des images saccadées. En revanche, la compétition nationale a fait face à une certaine stagnation, avec un traitement visuel figé et une narration peu dynamique. Trois courtes fictions ont été projetées, dont « Good Boy » de Sélim Samoud et Mariem Jerbi, « Running » de Mohamed Karim Dahmouni et Mohamed Ali Maâtoug, ainsi que « Kebsa » (The Omnipresent) de Youssef Ben Khelifa.
Le documentaire « 20 days in Bouzouida time » de Bassem Belgacem Jebahi, présenté par l’Université centrale de Tunis, ainsi que « Zerda », un film indépendant de 14 minutes réalisé par Saber Sboui, explorent les chants de l’oubli à travers des spectacles des confréries. La soirée spéciale Palestine a également permis d’annoncer la prochaine édition du Festival international des femmes de Gaza, avec la projection de « Ghazawiyet », une série de quatre courts métrages de fiction sur les réalités vécues par des femmes à Gaza, dont les proches sont souvent au front ou emprisonnés. Ces films offrent un aperçu poignant de la résilience de femmes telles que Maha, Hadeel et Noor, qui portent le poids de leur famille tout en poursuivant leur vie malgré les défis imposés par l’ennemi. Ces récits mettent en avant des thèmes profonds d’identité, d’exil et de solidarité humaine.
