Tunisie

Ezzeddine Ben Cheikh prône l’agriculture intelligente et la numérisation des barrages

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le ministre tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a défendu une stratégie fondée sur l’innovation, la recherche et la numérisation pour renforcer la sécurité alimentaire. Son message central est que la réponse aux sécheresses répétées, au stress hydrique et aux effets du changement climatique passe par une modernisation profonde des systèmes agricoles et de gestion de l’eau.

Recherche agricole et innovation au cœur de la stratégie

Dans son intervention au siège du ministère, le ministre a présenté la recherche scientifique agricole comme un levier majeur de transformation. Selon lui, elle doit permettre de développer des variétés végétales et des souches animales plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux évolutions climatiques. Il a aussi insisté sur la nécessité de transformer les résultats scientifiques en solutions concrètes pour les agriculteurs, afin de réduire l’écart entre les laboratoires et le terrain.

Le ministre a appelé à un rapprochement plus étroit entre les institutions de recherche, les chercheurs, les agriculteurs et les entreprises émergentes. Cette coopération est présentée comme un moyen de favoriser le transfert de technologie, de soutenir l’orientation agricole intelligente et d’encourager des projets utilisant l’intelligence artificielle et les outils numériques. Il a également lié cette dynamique à l’attractivité du secteur pour les jeunes ingénieurs et techniciens.

Gestion de l’eau et numérisation des infrastructures

Ezzeddine Ben Cheikh a souligné que la gestion de l’eau reste un point décisif pour toute relance agricole. Il a plaidé pour des techniques permettant de mieux capter et économiser la ressource, ainsi que pour le contrôle numérique des réseaux de barrages et de canaux. Parmi les pistes citées figurent aussi le dessalement de l’eau de mer, la réutilisation des eaux traitées et le développement de l’irrigation économe en eau.

Le ministre a présenté cette approche comme une réponse à la rareté des ressources hydriques et à la pression exercée sur les systèmes productifs. Il a relié cette question à une vision plus large de la sécurité alimentaire, qui suppose selon lui une action coordonnée sur les volets agricole, hydrique, forestier et maritime.

Des filières agricoles et forestières à renforcer

Le responsable tunisien a aussi évoqué les grandes cultures et les céréales, qu’il considère comme essentielles à l’alimentation nationale. Il a plaidé pour des semences mieux adaptées au climat, l’usage de technologies modernes et la poursuite de la valorisation de l’arboriculture, notamment l’olivier, avec un objectif de meilleure qualité et de capacité accrue à l’exportation.

Son intervention a également porté sur l’élevage, les produits laitiers, les aliments alternatifs pour animaux, ainsi que sur la pêche et l’aquaculture, décrites comme des sources importantes de protéines. Enfin, il a accordé une place notable au secteur forestier, présenté comme utile à la protection des sols, à la limitation de l’érosion et à la préservation des barrages. Il a évoqué la surveillance technologique des forêts, les systèmes d’alerte précoce contre les incendies et le reboisement avec des espèces locales mieux adaptées. La coopération avec la FAO et d’autres partenaires internationaux a été saluée, sans détail chiffré sur les projets concernés.

Ce qu’il faut retenir

  • Le ministre tunisien relie la sécurité alimentaire à l’innovation, à la recherche agricole et à la numérisation des infrastructures hydrauliques.
  • Il propose de mieux connecter chercheurs, agriculteurs, start-up et institutions pour accélérer le transfert de technologies vers le terrain.
  • La source met en avant plusieurs priorités: économie d’eau, céréales, élevage, forêts, aquaculture et coopération avec la FAO.

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