
En Tunisie, seulement 10 % des déchets sont recyclés.
En Tunisie, le taux de recyclage des déchets ne dépasse pas actuellement 10 %. Le 9 juillet 2026, le ministère de l’Environnement, en partenariat avec le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), a lancé le projet de transition vers le zéro déchet contre la pollution (SWAP).
En Tunisie, le taux de recyclage des déchets est actuellement inférieur à 10 %. Malgré cela, le pays bénéficie de plusieurs initiatives prometteuses et se classe parmi les leaders de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) en matière de systèmes publics structurés pour la gestion des déchets. Cela permettrait une amélioration de la situation, selon Nesrine Guederi, Ingénieure principale et Directrice des études, des analyses économiques et environnementales, ainsi que de la planification au ministère de l’Environnement.
« La Tunisie a mis en place des systèmes publics de récupération et de recyclage pour plusieurs filières clés : le plastique, les pneus, les huiles moteur de voiture, les batteries et les piles », a-t-elle précisé lors d’un atelier national de lancement du projet de transition vers le zéro déchet contre la pollution (SWAP).
De surcroît, le pays dispose d’un système pour récupérer les huiles alimentaires usagées, permettant ainsi de valoriser ces déchets et de les réintégrer efficacement dans le circuit économique. À l’échelle nationale, les déchets municipaux totalisent plus de 2,6 millions de tonnes par an, tandis que dans le Grand Tunis, les déchets s’élèvent à environ 1 million de tonnes.
Le secteur de la gestion des déchets en Tunisie inclut 17 décharges contrôlées et 57 centres de transfert. Guederi a de plus signalé que l’exploitation des déchets est confiée au secteur privé, notant que les coûts sont financés à 80 % par l’État et à 20 % par les municipalités.
Après avoir dressé un panorama de la gestion des déchets, la responsable a souligné l’urgence de développer des solutions de gestion durables, rappelant les engagements internationaux de la Tunisie concernant la contribution déterminée au niveau national (CDN) 3.0 (2026-2035), les objectifs de développement durable (ODD), la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, et l’initiative SWAP.
La CDN de la Tunisie 3.0 (2026-2035) accorde une importance accrue au secteur des déchets par rapport aux versions précédentes, non seulement comme levier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment le méthane, mais également comme moyen de transition vers une économie circulaire, mobilisant des investissements et créant des emplois verts. D’ici 2035, la Tunisie vise une réduction de 62 % de l’intensité carbone de son économie par rapport à 2010.
Dans ce contexte, le secteur des déchets devrait contribuer à environ 4 % des réductions cumulées d’émissions de GES prévues entre 2026 et 2035. Pour y parvenir, il devrait figurer au deuxième rang des secteurs nécessitant le plus d’investissements dans ce domaine, juste après l’énergie, avec un besoin estimé à 1,5 milliard USD durant cette période.
Selon Guederi, le risque d’une crise de gestion des déchets pourrait se transformer en une opportunité de changement significatif, les déchets représentant un gisement de ressources et non une fatalité. Elle a ajouté que le modèle linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) doit être dépassé.
Elle a précisé que cette transition vers une économie verte, bleue, circulaire et résiliente est déjà en cours, citant la stratégie nationale de transition écologique (2023-2035/2050), notamment en ce qui concerne la gestion circulaire et la valorisation des déchets.
Cette stratégie vise à faire évoluer le modèle de développement tunisien d’une économie linéaire vers une économie circulaire, économe en ressources, résiliente face au changement climatique et génératrice de valeur économique, sociale et environnementale. Elle implique l’adoption d’une stratégie nationale de gestion intégrée et durable des déchets (2020-2035) fondée sur les principes de l’économie circulaire, ainsi que la réduction progressive de l’enfouissement au profit de la prévention, du réemploi, du recyclage et de la valorisation. Il est également question de développer des filières de valorisation des matières et des déchets organiques (compostage), de promouvoir des modes de production et de consommation durables, et de lutter contre toutes les formes de pollution, tout en renforçant la gouvernance, les mécanismes de financement et les partenariats en faveur de cette transition circulaire.
Guederi a mentionné plusieurs actions en cours, telles que le déploiement pilote du tri à la source des déchets ménagers dans le Grand Tunis, à Sousse et à Djerba, le système de cogénération de la décharge contrôlée de Sousse, et une unité de production d’électricité à partir de biogaz à Djerba, qui devrait traiter 6000 tonnes de déchets organiques par an.
Par ailleurs, il existe des systèmes de collecte et de recyclage pour divers flux de déchets, ainsi qu’une cinquantaine d’unités de recyclage du plastique et des emballages, et plus de 30 unités de traitement des déchets non dangereux (secteur privé), sans oublier la réutilisation de l’eau traitée pour l’irrigation des espaces verts.
Concernant les objectifs clés du plan de développement 2026-2030 pour le secteur des déchets, il s’agit de mettre en place un système intégré et performant pour la gestion des déchets, en renforçant la collecte, le traitement et la gestion des déchets ménagers et assimilés. Il inclut également le développement du recyclage ainsi que de la valorisation des matières organiques et énergétiques provenant des déchets, la transformation des déchets en énergie, le développement de leur utilisation comme combustible alternatif, la limitation des dépôts anarchiques, la réhabilitation des sites dégradés, la modernisation des textes réglementaires, l’application du principe du pollueur-payeur, et le renforcement de la responsabilité élargie du producteur (REP).
Il est aussi question de moderniser le contrôle environnemental, de favoriser les investissements durables, de simplifier les procédures environnementales et de renforcer les systèmes de suivi pour encourager des investissements qui contribuent à la protection durable des ressources naturelles.
Le 9 juillet 2026, le ministère de l’Environnement, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a lancé le projet SWAP visant la transition vers le zéro déchet contre la pollution, qui sera mis en œuvre dans le Grand Tunis, couvrant les gouvernorats de la Manouba, Ben Arous, Ariana et Tunis, pendant la période de 2025 à 2030. Le projet, financé par le Fonds mondial pour l’environnement (FEM) à hauteur de 5 millions de dollars américains (environ 14,8 millions de dinars), ambitionne de réduire la production de déchets et la pollution chimique dans la chaîne de valeur, en promouvant des bonnes pratiques de consommation et de production, conformément aux principes de la chimie verte, de l’économie circulaire, et de la hiérarchie de gestion des déchets régie par la loi n° 96-41 du 10 juin 1996.
