Éducation : Une semaine difficile pour les élèves et enseignants
La première partie de la « semaine » bloquée dans les établissements scolaires vient de se terminer. Selon une estimation, les cours particuliers pèsent lourdement sur les budgets des ménages, avec une dépense moyenne de 1.179 dinars par an et par enfant.
On vient de conclure la première partie de la « semaine » bloquée dans les établissements scolaires, avec un suspense qui se prolongera après l’Aïd. Cette interruption offre aux élèves une pause bien méritée.
La Presse — « Cela a été difficile. La production a été dure », confie une élève, reprise immédiatement par sa mère.
« Vous détestez tenir un livre entre vos mains et vous espérez avoir des idées. Ce n’est pas le portable qui vous en fournira. Tu n’as pas à te plaindre. J’espère que tu te rattraperas après l’Aïd, sinon tu es fichue », lance-t-elle.
Juste en face, une mère enlace son fils, sous le regard souriant du directeur.
« Nous avons veillé à ce que les sujets aient été abordés en classe. Ceux qui ne s’en sortent pas sont ceux qui ne suivent pas ou qui négligent la révision et la documentation. »
La mère secoue la tête et soutient que sans les cours particuliers, les élèves sont incapables de réussir. « Nous vivons avec le salaire de mon mari. Le mien est dépensé pour les cours de mes deux enfants, et cela coûte cher. Les enseignants demandent à être payés. J’ai eu la chance de trouver un professeur retraité. C’est un enseignant de la vieille école. Il mérite ce qu’il gagne. Mes deux enfants ont beaucoup progressé, et comme il ne prend pas plus de six élèves de même niveau, ils en bénéficient. »
Les cours particuliers sont devenus un élément essentiel du système éducatif tunisien, pesant lourdement sur les budgets familiaux, avec une dépense moyenne de 1.179 dinars par an et par enfant, et atteignant parfois 2.000 dinars par mois pour les élèves préparant le baccalauréat.
Les tarifs varient entre 80 et 200 dinars par mois et par matière.
Le ministère de l’Éducation fixe les prix des cours dans les établissements publics entre 30 et 45 dinars par mois selon le niveau.
75 % des familles ont recours à ces cours, ce qui réduit le revenu disponible des ménages. Les familles à faible revenu se retrouvent davantage en difficulté, créant un fossé en matière d’égalité des chances.
C’est d’ailleurs le principal problème soulevé. Les parents expriment leur frustration face au manque de communication entre élèves et enseignants. Bien qu’il n’y ait presque plus d’interruptions de cours dues aux débrayages et aux grèves, les parents restent inquiets, surtout à l’approche de la fin de l’année scolaire. On dirait que tout dépend de cette fameuse semaine bloquée, qui semble déterminer l’avenir des enfants. Cependant, l’assurance est donnée d’être le plus rationnel possible.
« Ce qu’ils disent est vrai. Je suis de près ce qui se passe en classe et les examens reflètent réellement les cours suivis. C’est la qualité des enseignants et leurs méthodes qui font la différence. Comme dans tous les domaines, c’est une question de conscience professionnelle. »
Dans cette école, par exemple, tous les parents aspirent à y inscrire leurs enfants. Elle est reconnue et le directeur gère bien la situation. Les enseignants sont rarement absents, donnent des devoirs et font preuve de patience et de compréhension. Dans d’autres établissements, la réalité est différente, et ce sont les élèves qui en pâtissent.
« On ne peut pas généraliser, mais le rôle des parents est crucial. Ils doivent surveiller leurs enfants, prendre des rendez-vous avec les enseignants et s’inquiéter s’ils remarquent une baisse de motivation ou si leurs enfants se contentent de ce qu’ils font en classe », explique le directeur d’une école à El Manazeh. « Le comportement des parents est important. Ils doivent encourager plutôt que démoraliser. Certains parents se livrent à des comparaisons et exigent qu’un élève moyen ayant douze de moyenne soit au même niveau qu’un frère ou cousin plus doué, avec dix-huit. C’est anormal, et ces enfants souffrent, risquant de sombrer en définitive. »
Le suspense sera à son comble à la reprise après l’Aïd.

