Tunisie

Eau minérale : cafés et salons de thé augmentent les prix en période de pénurie

Les vagues de chaleur estivales ont provoqué des coupures d’électricité, impactant gravement l’approvisionnement en eau potable et perturbant les activités des unités de production et de distribution d’eau minérale. Cette situation a engendré une pénurie marquée d’eau embouteillée.

La montée des températures et le manque d’eau ont entraîné une demande sans précédent pour les bouteilles d’eau minérale, provoquant une ruée sur les points de vente. Les scènes de clients se bousculant dans les kiosques et épiceries sont devenues monnaie courante, les stocks de packs d’eau disparaissant en un temps record après leur livraison.

Pour pallier cette crise, les autorités ont intensifié les efforts d’approvisionnement. La semaine dernière, le ministère du Commerce a annoncé l’envoi de neuf millions de bouteilles de 1,5 et 2 litres dans le Grand Tunis, en priorisant les grandes et moyennes surfaces ainsi que les grossistes. L’objectif était d’augmenter rapidement l’offre et de prévenir les risques de rétention et de monopole. Le 29 août, plus de 1,6 million de bouteilles ont été écoulées dans la région.

Le 31 août, une nouvelle initiative a été mise en place, visant à distribuer trois millions de litres d’eau minérale supplémentaires par jour pendant quatre jours, avec une attention particulière portée aux grandes et moyennes surfaces de la capitale. Des quotas ont été instaurés dans certains magasins pour éviter que quelques clients ne s’accaparent des stocks au détriment des autres.

Malgré ces mesures, les petites épiceries et kiosques rencontrent d’importantes difficultés pour se réapprovisionner, certains ne parvenant même plus à obtenir de l’eau minérale. Ce contraste avec les étés précédents est frappant, alors que les bouteilles, habituellement bien présentes en rayon, sont désormais introuvables. Pour les consommateurs, dénicher une simple bouteille est devenu un véritable parcours du combattant.

Cette pénurie semble également profiter à certains cafés et salons de thé, qui ont flairé une opportunité lucrative. Certains établissements en ont profité pour augmenter leurs prix, atteignant parfois des niveaux exorbitants. Par exemple, une bouteille de 0,5 litre, dont le prix maximal est fixé à 600 millimes, se vend entre 1,2 et 1,8 dinar dans certains cafés. Pour le format d’un litre cinq, dont le prix est plafonné à 850 millimes, le tarif peut grimper jusqu’à trois ou quatre dinars dans des quartiers résidentiels prisés.

Malgré les efforts des services de contrôle économique, qui constatent quotidiennement des centaines d’infractions, certains établissements semblent échapper à toute régulation. La question demeure : jusqu’à quand continueront-ils à tirer profit de cette situation au détriment des consommateurs ?