Tunisie

De Tozeur à Tataouine, Scatec lance des projets énergétiques en Tunisie.

La centrale solaire inaugurée à Tozeur représente un investissement de 135 millions de dinars et a une capacité installée de 50 mégawatts. La mise en service de la centrale de Sidi Bouzid a eu lieu le 1er janvier 2023, tandis que celle de Tozeur a commencé le 4 mars 2023.


La centrale solaire inaugurée lundi à Tozeur représente une avancée significative dans le secteur des énergies renouvelables en Tunisie, avec un investissement s’élevant à 135 millions de dinars et une capacité installée de 50 mégawatts. Réalisé par le groupe norvégien Scatec en collaboration avec des partenaires internationaux, ce projet témoigne de l’augmentation des investissements étrangers dans le domaine énergétique tunisien.

Occupant environ 100 hectares et composée de près de 95 000 panneaux photovoltaïques, la centrale peut fournir de l’énergie pour 40 000 foyers. Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale visant à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national, avec un objectif fixé à 35 % d’ici 2030.

Lors de l’inauguration, Maha Ben Hmidane a précisé que ce projet s’appuie non seulement sur des financements internationaux, notamment norvégiens et japonais, mais également sur l’engagement des compétences locales. Elle a affirmé : “Cette centrale a été construite avec des talents tunisiens”, soulignant le transfert de compétences en faveur des équipes nationales et la création d’une expertise tunisienne dans le secteur des énergies renouvelables.

Au-delà de ce projet initial, la responsable a annoncé l’expansion de Scatec en Tunisie, avec l’inauguration prochaine d’une centrale similaire à Sidi Bouzid, ainsi que le développement de nouveaux projets photovoltaïques à Tataouine et Sidi Bouzid, et un parc éolien à El Fahs. Elle a déclaré : “Nous sommes prêts à participer à tous les projets qui seront proposés”, témoignant de l’engagement de l’entreprise à soutenir les ambitions énergétiques du pays.

Concernant l’emploi, la phase de construction de la centrale de Tozeur a nécessité jusqu’à 450 travailleurs pendant le pic des travaux, tandis que les équipes chargées de l’exploitation et de la maintenance seront moins nombreuses mais permanentes. De plus, des retombées économiques indirectes sont considérées comme significatives pour la localité.

Ann-Mari Lillelord, quant à elle, a souligné la portée internationale et stratégique du projet, rappelant qu’il y a seulement deux ans, le site n’était qu’une étendue désertique, aujourd’hui transformée en une installation énergétique moderne grâce à la coopération entre divers pays et entreprises.

Elle a également mis en lumière un modèle basé sur le partenariat public-privé, qui combine financement international, transparence des processus et stabilité des cadres contractuels, avec des tarifs de l’électricité fixés sur le long terme. Ce cadre est jugé crucial dans un environnement énergétique mondial incertain, garantissant une production d’énergie propre à coût prévisible.

De plus, elle a insisté sur l’engagement de Scatec en matière de normes environnementales, sociales et de gouvernance, ainsi que sa volonté de s’implanter durablement dans les régions en collaborant avec les autorités et les communautés locales. L’entreprise emploie actuellement plus de 90 personnes en Tunisie et met l’accent sur le développement des compétences locales comme facteur clé de succès.

Enfin, la dirigeante a confirmé la poursuite du développement du portefeuille de projets du groupe en Tunisie, avec notamment 120 MW en construction à Sidi Bouzid, un projet éolien de 75 MW à El Fahs et de nouvelles installations photovoltaïques à Tataouine. Elle a affirmé : “Nous ne nous arrêterons pas ici”, évoquant une vision à long terme pour soutenir la transition énergétique en Tunisie et affirmant qu’à travers ce projet et ceux à venir, le pays démontre son attractivité pour les investisseurs internationaux dans le secteur des énergies renouvelables, tout en établissant les fondations d’un modèle énergétique plus durable et diversifié.

Il est à noter que la mise en service de deux centrales solaires, développées en partenariat entre Scatec et Aeolus, une filiale du Toyota Tsusho Group, dans les gouvernorats de Tozeur et Sidi Bouzid, s’inscrit totalement dans la stratégie nationale tunisienne visant à diversifier le mix énergétique et réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. Ensemble, ces installations devraient produire annuellement environ 288 GWh d’électricité verte, suffisant pour alimenter des dizaines de milliers de ménages et permettant d’éviter l’émission d’environ 115 000 tonnes de CO₂ chaque année.

La centrale à Sidi Bouzid a commencé à fonctionner le 1er janvier de cette année, marquant la première mise en service d’un projet par Scatec en Tunisie. Celle de Tozeur a suivi, avec un démarrage de production effectif le 4 mars. Ces projets ont été attribués à l’issue d’un appel d’offres public compétitif et reposent sur des contrats d’achat d’électricité d’une durée de 30 ans avec la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG).

Le montage financier repose sur une structure variée combinant financement de projet sans recours, prêts concessionnels et apports en capitaux propres des partenaires. Les principaux bailleurs de fonds incluent la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et Proparco, ainsi que des ressources concessionnelles provenant du Fonds pour les technologies propres et du Fonds pour l’environnement mondial. En outre, ces projets bénéficient d’un soutien complémentaire sous forme de crédits carbone fournis par le Ministère japonais de l’Environnement, dans le cadre du mécanisme de crédit conjoint (JCM).