Tunisie

De l’aiguille à l’entreprise : Bir El Kassaa, moteur de la révolution textile tunisienne

Ines Mhadhbi a déclaré que le centre sectoriel de formation en habillement et textile de Bir El Kassaa propose sept spécialités, avec des formations allant de la neuvième année de l’enseignement de base jusqu’au niveau baccalauréat. Une session de formation débutera le lundi 27 avril pour se terminer le 27 juin, avec des spécialités en électricité mécanique et électricité du bâtiment.


Reçue sur les ondes de la Radio Nationale tunisienne le 20 avril 2026, Ines Mhadhbi, représentante du centre sectoriel de formation en habillement et textile de Bir El Kassaa (gouvernorat de Ben Arous), a présenté un aperçu détaillé de l’offre de son établissement. Filières variées, alternance, entrepreneuriat, upcycling : le centre s’affirme comme un acteur essentiel du secteur.

Ines Mhadhbi a rappelé que la région du Grand Tunis compte quatre centres sectoriels spécialisés dans l’habillement : Bir El Kassaa à Ben Arous, Soukra à l’Ariana, Ras Tabia à Tunis, et un autre à Monastir. Chaque centre possède ses spécificités tout en partageant la même spécialité. La représentante a insisté sur l’importance stratégique de ce secteur, qualifié de « porteur », en raison de sa forte capacité à intégrer des travailleurs de tous niveaux de qualification.

### Sept spécialités, des portes d’entrée dès la neuvième année

L’intervenante a indiqué que le centre offre sept spécialités. Dans le domaine de l’habillement, les formations vont de la neuvième année d’enseignement de base jusqu’au niveau baccalauréat. Le Certificat de compétences professionnelles en confection de vêtements, accessible dès la neuvième année, s’étend sur un an et demi. Suivant cela, le Brevet de technicien en techniques et confection de vêtements, englobant le stylisme et le modélisme, dure deux ans. Le parcours peut se prolonger jusqu’au Brevet de technicien supérieur en innovation en confection de vêtements, accessible aux titulaires du baccalauréat ou aux candidats ayant réussi le concours de la formation professionnelle supérieure.

Le centre propose également des filières techniques ouvertes aux jeunes femmes et aux jeunes hommes, dont l’électricité mécanique, l’électricité du bâtiment, ainsi que l’installation-réparation en climatisation, menant à un Brevet de technicien supérieur en réfrigération commerciale et climatisation. Ines Mhadhbi a précisé que ces deux dernières filières ne sont pas toutes proposées directement à Bir El Kassaa, mais que les candidats peuvent participer aux concours correspondants organisés dans d’autres établissements.

La représentante a souligné la valeur ajoutée du modèle pédagogique en alternance, qui permet de partager le temps de formation entre l’établissement et l’entreprise. Cette immersion précoce aide à appréhender les réalités du monde du travail, son cadre, ses règles et ses exigences, bien avant l’obtention du diplôme, représentant ainsi un gain de temps significatif par rapport à d’autres parcours. L’intervenante a qualifié cette expérience d’opportunité véritable et précieuse pour les jeunes en formation professionnelle.

### L’entrepreneuriat, une vocation cultivée dès l’inscription

L’intervenante a noté que de nombreux stagiaires arrivent avec une passion pour la mode, la couture et le design, souvent déjà influencées par les réseaux sociaux, et expriment dès leur inscription le désir de créer leur propre entreprise. Le centre accueille également des diplômés de l’enseignement supérieur souhaitant se reconvertir ou enrichir leur parcours par une expérience pratique.

Dans ce cadre, un programme d’entrepreneuriat dirigé par le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi est en cours. Une plateforme numérique a permis à de nombreux jeunes de soumettre leurs idées de projets, et les candidats sélectionnés suivent un cycle de dix jours englobant tous les aspects de la création d’entreprise, de l’étude de projet au financement en passant par l’implantation. À Bir El Kassaa, 25 participants sont impliqués dans ce dispositif. Chaque établissement présentera trois projets retenus lors des sélections régionales puis nationales, au terme desquels vingt projets lauréats seront récompensés et accompagnés.

La représentante a illustré ces ambitions entrepreneuriales en mentionnant des stagiaires qui, au fil de leur parcours, ont créé leur propre marque, ouvert des comptes professionnels sur les réseaux sociaux et réussi à vendre leurs créations grâce au marketing digital.

Les quatre centres sectoriels de l’habillement participent également à une compétition d’upcycling, c’est-à-dire le réemploi créatif de vêtements usagés, phénomène mondial qui permet de valoriser des matières premières de qualité tout en réduisant les déchets. Chaque établissement sélectionne ses stagiaires, leur soumet un défi créatif et doit présenter trente modèles issus de cette initiative.

### Une ambition : hisser le savoir-faire tunisien sur la scène internationale

Ines Mhadhbi a terminé en exprimant une ambition partagée par tous les centres du secteur : faire en sorte que la production locale en habillement et en textile s’impose, même sur le marché international. Elle a rappelé que la Tunisie dispose déjà d’unités de production performantes pour l’exportation et que la couture est profondément enracinée dans la culture tunisienne, tout en soulignant l’importance de développer la consommation locale.

La représentante a informé les auditeurs de l’ouverture d’une session commençant le lundi 27 avril et se terminant le 27 juin, avant une reprise en septembre. À Bir El Kassaa, les spécialités concernées sont l’électricité mécanique et l’électricité du bâtiment. Elle a souligné l’importance de cette session pour les jeunes ayant manqué celles de septembre et de février : y accéder représente un gain de plusieurs mois par rapport à une attente jusqu’à la prochaine rentrée.