
Compétitivité : l’ITCEQ constate un redressement à deux vitesses.
La croissance économique de la Tunisie a atteint 3,2 % en 2025, après avoir été de 1,6 % en 2024 et de 0,2 % en 2023. Le déficit budgétaire a diminué de 9,7 % du PIB en 2020 à 5,4 % en 2025.

La croissance économique est en forte hausse, soutenue par un redémarrage de l’industrie et une consommation des ménages qui se renforce. C’est ce que met en lumière le tableau de bord sur la compétitivité de l’économie tunisienne, publié en mai 2026 par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), offrant un aperçu contrasté des grands équilibres macroéconomiques du pays.
Après presque une stagnation à 0,2 % en 2023, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté à 1,6 % en 2024, avant d’atteindre 3,2 % l’année suivante.
Cette dynamique est attribuée à la reprise progressive de l’appareil industriel, à l’amélioration de certaines filières exportatrices et à une demande intérieure mieux orientée.
Les comptes extérieurs présentent également une situation favorable.
Les produits tunisiens ont accru leur part sur le marché européen, passant de 0,42 % en 2022 à 0,52 % en 2023, puis à 0,53 % en 2024. Cette augmentation est en partie due à la hausse des ventes d’huile d’olive, stimulées par l’envolée du prix moyen à l’exportation.
Au niveau national, la production locale répond désormais à une part croissante de la demande intérieure, sa contribution s’élevant de 43,1 % en 2022 à 51,6 % en 2025.
Le solde des transactions courantes suit une tendance favorable : son déficit a diminué en moyenne à 2,1 % entre 2023 et 2025, comparé aux 6,9 % enregistrés entre 2020 et 2022. L’ITCEQ attribue cette amélioration à la reprise du tourisme et à l’augmentation des envois de fonds des Tunisiens vivant à l’étranger. À noter, les statistiques douanières publiées début juin par l’Institut national de la statistique font état d’un creusement du déficit commercial à fin mai 2026, selon L’Economiste Maghrébin.
Les finances publiques affichent également une tendance à l’assainissement. Le déficit budgétaire a diminué de 9,7 % du PIB en 2020 à 5,4 % en 2025, grâce à une augmentation des recettes fiscales, un meilleur contrôle de la masse salariale de l’État et une réduction des subventions, notamment celles destinées à l’énergie. En parallèle, l’endettement extérieur, en proportion du revenu national brut disponible, a baissé de 62,7 % à 44,1 % entre 2020 et 2024, sous l’effet des remboursements de capital sur la dette à long terme et d’un recours accru aux financements intérieurs.
Concernant les prix, après deux années de tensions marquées, avec 8,3 % en 2022 puis un pic à 9,4 % en 2023, l’inflation est retombée à 5,3 % en 2025.
L’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers s’est aussi renforcée. Les flux d’investissements directs étrangers ont représenté 1,9 % du PIB en 2025, contre 1,3 % deux ans auparavant, et leur part dans la formation brute de capital fixe est passée de 8,1 % à 11,5 % sur la même période. L’industrie manufacturière reste la principale destination de ces capitaux, devant l’énergie et les services. Le taux d’investissement, quant à lui, est resté stabilisé à 16 % du PIB durant toute la période 2021-2025, tandis que l’ICOR, qui mesure l’efficacité du capital investi, s’est amélioré pour atteindre 5,5 en 2025. Pour ce qui est de l’épargne nationale, elle demeure limitée, à 5 % du PIB en 2024 puis à 6 % en 2025.
Enfin, en termes fiscaux, la pression sur les agents économiques est légèrement à la baisse : 25,4 % en 2023, 25,1 % en 2024, puis 24,7 % en 2025. En revanche, le secteur bancaire montre des signes de fragilité accrue, la part des créances impayées passant de 15,7 % à 16,8 % entre 2024 et 2025. À l’inverse, la Bourse de Tunis a connu une hausse d’activité significative : le volume des transactions sur titres a progressé de 1,8 % à 2,9 % du PIB entre 2023 et 2025, tandis que la capitalisation boursière a augmenté de 16 % à 18,9 % du PIB durant la même période.
S.M
