
Clubs d’été : Éviter les écrans de façon intelligente !
Les établissements de prime enfance et les écoles offrent aux enfants la possibilité d’intégrer des clubs d’été durant les vacances estivales. Mme Hedia Madani, directrice d’une école primaire privée, souligne que les clubs d’été visent à protéger les enfants des écrans durant les heures passées au club.
Comment occuper son enfant durant les trois mois et demi de vacances d’été ? Cette année, les vacances semblent trop longues pour se limiter à des distractions banales, qui ne sauraient captiver les enfants que durant les deux ou trois premières semaines, au mieux !
En l’absence d’activités, les enfants risquent de se laisser tenter par les écrans. De nombreux établissements de la petite enfance et scolaires proposent ainsi des clubs d’été, avec des objectifs multiples, à la fois préventifs et curatifs.
Les responsables des clubs d’été pour enfants en sont bien conscients : il est essentiel de prévenir l’addiction des enfants aux écrans, voire d’y remédier en les remplaçant par des activités constructives et divertissantes. C’est pourquoi l’organisation de clubs d’enfants durant les vacances d’été est si pertinente. Ces structures offrent aux parents actifs la possibilité de garder leurs enfants pendant leurs heures de travail.
Cependant, les parents avertis perçoivent d’autres avantages dans cette offre. Mme Hedia Madani, directrice d’une école primaire privée, et Mme Ichrak Brayes, directrice d’un jardin d’enfants, se préparent chacune à accueillir des enfants dans leurs clubs d’été respectifs.
Deux établissements, deux clubs d’été aux programmes distincts, mais un objectif commun : éloigner les enfants des écrans durant le temps passé au club ! « Les enfants d’aujourd’hui trouvent un amusement à risque dans les écrans. En l’absence d’activités ludiques, ils finissent par se tourner inévitablement vers la télévision, les téléphones portables et les tablettes. C’est une véritable addiction, avec des conséquences significatives », déclare Mme Madani, qui est également enseignante et mère de deux enfants. Comme toute maman soucieuse de la santé de ses enfants, elle veille à limiter l’utilisation du téléphone portable par son fils.
« Mon fils de sept ans s’emporte chaque fois que je coupe la connexion. Il s’énerve, saute et refuse d’accepter cela. Il lui faut un certain temps pour se calmer. Cela démontre la gravité et le danger des écrans pour nos enfants. D’autant plus que leur impact sur la santé visuelle est indéniable : la plupart des enfants scolarisés portent déjà des lunettes ! », confie-t-elle.
Connaissant bien ce comportement, Mme Brayes observe fréquemment des signes indiquant des troubles provoqués par l’utilisation des écrans chez les enfants. « Nous travaillons régulièrement avec des spécialistes capables de détecter les problèmes de développement et de communication chez l’enfant, tels que des pédopsychiatres ou des orthophonistes. Le retard du langage, l’hyperactivité et le manque de concentration ne sont plus isolés. Dans la majorité des cas, ils sont liés à l’exposition aux écrans. »
Pour aider les enfants à « se sevrer » des écrans, les clubs d’été proposent diverses activités tout en maintenant un lien avec le milieu scolaire et parascolaire. Dans ces espaces, les enfants s’engagent dans un monde juvénile qui dépasse le cadre purement éducatif.
« Les clubs d’été ne se soumettent pas à la rigueur de l’école. Nous instaurons la discipline différemment. Nous cherchons à occuper l’enfant pendant les quatre ou cinq heures du matin avec des activités auxquelles il n’est pas habitué.
À la maison, par exemple, poursuit Mme Madani, les enfants ne lisent que rarement, voire jamais ! Mais dès qu’il s’agit d’une séance de lecture en groupe, la situation change et le plaisir de la compétition prend le dessus. Il est également important de souligner que les clubs d’été favorisent les interactions entre enfants, créant de nouvelles amitiés, ce qui est fondamental pour leur développement psycho-affectif et leur sociabilité », explique Mme Madani.
Certainement, pour échapper aux écrans, il est nécessaire d’occuper l’enfant, d’attirer son attention et de charger sa journée en activités attrayantes, selon Mme Brayes. « Si l’enfant échappe aux écrans de 7h à 15h et participe plutôt à des activités ludiques et d’apprentissage, notre mission sera parfaitement accomplie !
Comme vous le savez, un enfant de moins de cinq ans ne devrait pas suivre de cours académiques. Toutefois, il doit participer à des activités qui facilitent son apprentissage des couleurs, des formes, etc. L’idée est de jouer pour apprendre et d’apprendre en jouant. Dans le club d’été, les enfants profitent d’activités amusantes comme la peinture, le théâtre, la cuisine, la danse, la poterie et même l’éducation religieuse.
Les enseignantes s’assurent également de transmettre les principes du savoir-vivre aux enfants. À noter que les enfants âgés de six à treize ans ont d’autres centres d’intérêt adaptés à leur âge et à leur niveau cognitif, tels que la robotique, le bricolage, les langues, etc.
Inscrire son enfant dans un club d’été n’est pas seulement une solution pour gérer son emploi du temps durant les heures de travail, mais aussi un choix bénéfique pour le développement communicationnel et cognitif de l’enfant. Ce choix est dicté par le mode de vie actuel, les risques liés aux écrans, les familles nucléaires et l’isolement auxquels sont aujourd’hui confrontés les enfants.
À une époque où la vie virtuelle n’était qu’une expression barbare et insensée, les enfants n’étaient pas rivés devant la télévision. Les échanges avec leur famille et leurs pairs étaient évidents. S’ouvrir aux autres et s’éveiller à la vie ne nécessitait pas de clubs. Aujourd’hui, ces derniers viennent en aide aux parents et aux enfants, en quête de temps, de contact et de dialogue ; une prestation précieuse tant sur le plan physique que figuré, qui n’est pas toujours à la portée des petits budgets…
