Tunisie

Aram Belhadj alerte sur un « dysfonctionnement structurel » et la fuite record du cash hors des banques.

La Banque centrale de Tunisie a récemment publié des données alarmantes concernant la circulation de la monnaie fiduciaire en dehors du système bancaire. Selon les informations relayées par l’économiste Aram Belhadj sur sa page Facebook, cette monnaie a connu une augmentation quotidienne de 4,2 millions de dinars, atteignant ainsi un total dépassant les 30 milliards de dinars.

Belhadj décrit cette situation comme un record sans précédent, qui ne peut être expliqué par des facteurs saisonniers ou conjoncturels. Il interprète cette tendance comme un indicateur d’un dysfonctionnement structurel majeur, alimenté par trois dynamiques interconnectées. D’une part, l’économie parallèle, qui opère exclusivement en espèces, continue de croître. D’autre part, la méfiance envers les institutions bancaires persiste, tandis que le système de paiement numérique peine à s’étendre et à toucher une grande partie de la population.

Les conséquences de cette évolution sont multiples et cumulatives, selon l’économiste. Il souligne que la politique monétaire perd de son efficacité, car elle ne parvient à réguler qu’une partie de l’économie. Par ailleurs, les recettes fiscales s’amenuisent, une part significative de la richesse nationale circulant en dehors du circuit officiel, échappant ainsi à l’imposition. En outre, l’investissement privé est en déclin, entravé par une concurrence déloyale entre le secteur formel et l’informel.

Pour remédier à cette situation préoccupante, Belhadj propose une approche qui s’éloigne des solutions répressives habituelles. Il plaide pour une numérisation rapide des paiements de l’État, l’imposition d’un plafond sur les transactions en espèces, ainsi qu’une réforme fiscale visant à rendre l’intégration dans l’économie formelle plus attrayante et moins contraignante.

En conclusion, il met en garde : chaque jour sans action corrective représente un coût pour l’économie tunisienne qui dépasse largement les 4,2 millions de dinars enregistrés quotidiennement.