Belgique

Conclave budgétaire fin septembre : Yvan Verougstraete (Les Engagés) affirme « Notre responsabilité, c’est de veiller à faire en sorte que le gouvernement fédéral ne tombe pas ».

La rentrée politique s’annonce déjà sous tension, avec le gouvernement fédéral en ligne de mire. À la fin du mois de septembre, un conclave budgétaire se tiendra en Arizona, visant à dégager dix milliards d’euros pour réduire le déficit. Les discussions s’annoncent délicates, alors que certains partis rejettent l’idée de nouvelles taxes, tandis que d’autres estiment avoir déjà réalisé suffisamment d’économies. La stabilité du gouvernement de Bart de Wever est donc en jeu.

Yvan Verougstraete, président des Engagés, a exprimé son inquiétude lors d’une interview sur La Première. Il a affirmé : « Je pense que, avant tout, notre responsabilité c’est de veiller à faire en sorte que le gouvernement fédéral ne tombe pas parce que l’on est dans une situation compliquée. »

Il a souligné que la réduction du déficit ne doit pas être perçue comme une fin en soi, mais comme une nécessité pour éviter de transmettre une dette considérable aux générations futures. « Si on ne fait rien, c’est bien 10 milliards d’intérêts en plus que l’on risque de devoir payer aux banques », a-t-il averti, insistant sur le fait que la situation actuelle ne date pas d’hier et que la responsabilité de l’action ne repose pas uniquement sur les partis au pouvoir.

La question de la stratégie à adopter pour réduire le déficit se pose. Selon Verougstraete, il est crucial de diminuer les dépenses de l’État, tout en reconnaissant que cela représente un défi. « Il faut diminuer les dépenses aujourd’hui et aussi structurellement, s’engager à les diminuer sur les prochaines années », a-t-il précisé. Toutefois, il a également évoqué la nécessité d’une augmentation des taxes, non pas pour accroître les dépenses, mais pour résorber le déficit et permettre une fiscalité plus équitable.

Cet été, Verougstraete avait proposé une taxe sur le patrimoine des plus riches, excluant le patrimoine immobilier et ne s’appliquant qu’à partir de 500.000 euros de patrimoine financier. Cette proposition a suscité des réactions vives, notamment de la part de Fabien Pinckaers, fondateur d’Odoo, qui a menacé de quitter la Belgique si une telle mesure était adoptée. Le Mouvement Réformateur (MR), partenaire des Engagés, a également critiqué cette idée, diffusant une vidéo où Verougstraete était qualifié de « Yvan le caméléon ».

Verougstraete a réagi à ces attaques en qualifiant leur niveau d’argumentation de « zéro » et a appelé à un débat plus sérieux sur les enjeux fiscaux. « J’ai plus de 50 ans, j’ai passé l’âge d’être vexé pour des conneries comme ça », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de réfléchir aux enjeux futurs plutôt que de se livrer à des attaques personnelles.

Les récentes vagues de chaleur et les incendies en Europe, dont ceux survenus dans les Hautes Fagnes, ont également mis en lumière la nécessité d’une meilleure gestion des crises climatiques. Verougstraete a souligné que la question n’est pas seulement de moyens, mais aussi d’organisation pour mobiliser efficacement les ressources disponibles en période de crise.

Il a enfin averti que ne pas s’attaquer aux enjeux climatiques entraînera des coûts astronomiques pour les générations futures, évoquant une « rage taxatoire » liée à l’inaction face aux défis environnementaux. « Ne pas agir sur le climat, ne pas anticiper, ne pas préparer, ce sont des conséquences astronomiques », a-t-il conclu, appelant à une prise de conscience collective sur l’importance d’agir dès maintenant.