
1,1 million de m³ d’eau évaporés en une journée en Tunisie
Une étude pilote a été lancée sur le lac collinaire de Kamech dans le cadre du projet TEC-Eau, financé par la FAO, afin d’évaluer l’efficacité d’un film monomoléculaire destiné à réduire les pertes d’eau par évaporation. Le 12 juillet, les pertes journalières par évaporation sur les 37 barrages ont atteint le pic de 1.1 millions de mètre cube.
Dans le cadre du projet TEC-Eau, financé par la FAO et mis en œuvre avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, une étude pilote a été lancée sur le lac collinaire de Kamech pour évaluer l’efficacité d’un film monomoléculaire sécurisé destiné à réduire les pertes d’eau par évaporation.
Cette expérimentation, la première du genre réalisée dans des conditions réelles en Tunisie, s’inscrit dans une démarche scientifique visant à identifier des technologies innovantes permettant d’améliorer durablement l’offre en eau, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la succession des sécheresses et une pression croissante sur les ressources hydriques, indique un communiqué de la FAO publié lundi.
L’étude, soutenue par le Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE) et des institutions nationales partenaires, permettra d’évaluer les performances techniques, économiques et environnementales de cette technologie, tout en vérifiant son innocuité sur la qualité de l’eau, les écosystèmes aquatiques et la biodiversité.
« Il ne s’agit pas simplement d’introduire une nouvelle technologie, mais de l’évaluer de manière rigoureuse afin de déterminer sa pertinence et ses conditions d’application dans le contexte tunisien. Cette approche illustre l’engagement de la FAO à accompagner la Tunisie avec des solutions fondées sur la science, l’innovation et la coopération technique », a déclaré Nabil Assaf, Coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord et Représentant en Tunisie.
Le lancement de cette étude réunit les institutions nationales concernées par la gestion de l’eau, la recherche scientifique, la santé, l’environnement ainsi que l’enseignement supérieur et la météorologie, illustrant une approche intégrée de la gouvernance des ressources hydriques.
Dans son allocution d’ouverture, le Ministre de l’Agriculture a rappelé que « chaque mètre cube d’eau économisé constitue une ressource supplémentaire pour notre agriculture, notre économie, notre environnement et les générations futures », soulignant que la réduction des pertes due à l’évaporation constitue aujourd’hui une priorité nationale inscrite dans la stratégie tunisienne de l’eau.
Avec un taux de mobilisation des ressources hydriques dépassant 90 % et un réseau de 37 grands barrages, 234 barrages collinaires et 925 lacs collinaires, la Tunisie concentre maintenant ses efforts sur l’amélioration de l’efficacité de ces infrastructures.
Les pertes par évaporation représentent un défi majeur dans les régions arides et semi-arides, où chaque volume d’eau préservé contribue directement à renforcer la résilience des territoires, la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.
Selon la même source, les pertes journalières dues à l’évaporation sur les 37 barrages ont atteint un pic de 1,1 million de mètres cubes le 12 juillet. À travers le projet TEC-Eau, la FAO met à disposition son expertise pour identifier, adapter et valider des solutions innovantes répondant aux besoins spécifiques du pays.
Les résultats de cette expérimentation nourriront les travaux du comité national sur la réduction de l’évaporation et contribueront à orienter les futures politiques publiques en matière de gestion intégrée des ressources en eau, au service d’une agriculture plus résiliente et d’un développement durable.
