
De Neuchâtel à Berlin à vélo : une mobilité avant l’arrivée
Damaris a entrepris un voyage remarquable, parcourant près de 3’000 kilomètres à travers la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, avant d’atteindre son université à Berlin. Ce périple de sept semaines lui a permis de découvrir non seulement de nouveaux paysages, mais également une manière différente de voyager.
L’idée de ce voyage a émergé naturellement pour Damaris, qui avait déjà intégré le vélo dans son quotidien. Après plusieurs excursions en Suisse, elle a ressenti le besoin de se lancer dans un projet plus ambitieux à l’annonce de son départ pour Berlin. « C’était une opportunité d’avoir un point de départ, un point d’arrivée et un certain temps pour faire ce projet un peu plus grand », a-t-elle expliqué.
Pour se préparer, elle a fait l’acquisition d’un vélo gravel, de sacoches et d’une tente légère. Étant déjà familière avec le cyclisme, Damaris n’a pas jugé nécessaire de suivre un entraînement physique spécifique.
Les journées de Damaris commencent généralement entre 8 h et 9 h. Après avoir démonté sa tente, préparé son petit-déjeuner sur un réchaud et chargé ses affaires, elle prend la route. En moyenne, elle parcourt près de 80 kilomètres par jour, avec des étapes variant de courtes distances à des trajets dépassant les 120 kilomètres. Elle privilégie le camping pour ses nuits, mais utilise également l’application Warmshowers pour se loger chez des particuliers.
Cette aventure à vélo exige une certaine flexibilité. « On peut prévoir tout ce qu’on veut, mais en réalité, ça va se dérouler différemment », souligne-t-elle. Dès le premier jour, un pneu éclate, et elle doit marcher pendant deux heures pour trouver un atelier de réparation. Ce contretemps lui a permis d’apprendre à s’adapter aux imprévus.
L’un des souvenirs les plus marquants de son voyage n’est pas son arrivée à Berlin, mais plutôt la découverte de la côte atlantique. « Je ne m’attendais pas du tout à un paysage qui change autant. C’était vraiment le moment où je me suis dit : j’ai traversé un bout d’un continent, je suis arrivée à un océan », raconte-t-elle. Cependant, la solitude a parfois été un défi, surtout en fin de saison lorsque les campings étaient presque vides. « J’aimais beaucoup faire du vélo seule, mais pas forcément toute la partie autour », confie-t-elle.
Ce long voyage a également transformé sa perception de son semestre d’études. Damaris estime que cette expérience lui a donné une confiance précieuse avant même d’arriver à Berlin. « Le vélo m’a donné beaucoup de confiance en moi pour aller rencontrer des gens quand j’étais seule », dit-elle. Sur place, elle découvre une ville riche en culture, un enseignement du travail social différent de celui de Suisse, et un cours sur les courants féministes ainsi que l’engagement politique des étudiants berlinois.
Depuis son retour, le vélo occupe une place encore plus centrale dans sa vie quotidienne. « Je me rends compte que la Suisse est petite. Aujourd’hui, l’option d’aller à vélo est beaucoup plus présente parce que ça me fait plaisir et que ça me fait du bien », affirme-t-elle.
Pour ceux qui envisagent un voyage à vélo, son principal conseil est de prendre son temps. « Pour moi, ce n’était pas juste un défi sportif. C’était un chemin pour arriver quelque part… et pour cheminer avec moi-même », conclut-elle.
