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Tunisie : Tâche immense et confiance à rétablir, on recommence tout

Mouine Chaâbani a été officiellement intronisé, le calendrier a été édité et la vie reprend son cours. La Fédération tunisienne de football, comme tout le monde le savait, ne réagira en aucun cas ni ne s’expliquera. L’épisode du Mondial est désormais une page tournée et il est temps de passer à autre chose.

La Presse — Une décision sage, car ressasser les mêmes reproches ne servirait à rien. Le Comité en place a refait son image et a veillé à redistribuer les rôles.

De nouveaux visages ont été désignés pour de nouvelles responsabilités, mais cela n’aura aucune incidence sur le développement du football ni sur l’avenir de ce sport qui perd non seulement du terrain, mais aussi sa crédibilité.

Le calendrier international ne fait pas de pause. Ainsi, nous aurons bientôt la première liste de l’ère Chaâbani.

Les fans de différents horizons se précipiteront pour compter le nombre de joueurs sélectionnés qui appartiennent à leurs couleurs. Mouine Chaâbani est donc attendu et il doit convaincre ceux qui demeurent encore sceptiques. À son avantage, il est là pour une durée significative.

C’est en effet la première fois que le sélectionneur national s’engage à ce niveau. Il a prouvé ses compétences en tant que formateur de groupe, comme l’a démontré son travail au sein de son ancien club marocain.

L’infrastructure, la mise en place ou la réactivation des centres de formation pour les jeunes, une quinzaine de centres de formation en veille ou fermés, ainsi que la compétition dans les catégories jeunes, sont autant de sujets à aborder.

Cependant, tout cela ne fait pas partie de ses attributions et prérogatives. Ces domaines et bien d’autres relèvent de la Direction technique nationale.

Qu’en est-il de la Direction technique nationale ?

À ce sujet, nous n’avons encore rien vu venir de la Direction technique nationale, alors que le championnat va bientôt commencer. Nous n’avons eu vent d’aucune réunion de travail avec le personnel d’encadrement des jeunes au sein des clubs, alors que tout doit débuter à ce niveau. Les catégories jeunes continueront-elles à stagner ? Du côté de l’équipe nationale, le même constat s’applique.

Une fois les stages d’avant-saison achevés, il est essentiel d’établir des relations avec les entraîneurs, ne serait-ce que pour leur rappeler qu’ils sont directement responsables de la préparation de leurs joueurs. Les éléments susceptibles d’être convoqués doivent être en condition pour répondre à l’appel.

Ce n’est pas à Mouine Chaâbani de les mettre en condition.

Ce n’est pas son rôle et, ne serait-ce que pour préparer psychologiquement les éventuels appelés, il doit expliquer que toutes les potentialités du football national sont mobilisées au service de l’équipe de Tunisie.

Cette équipe, ce sera à lui de la former et non pas à un « directeur sportif » fantomatique qui justifie ses déplacements à l’étranger (avec les frais que cela implique) à la recherche de jeunes qui ont encore beaucoup à apprendre.

Ni à ceux qui contrôlent un système occulte qui a tout de même eu le mérite de remettre en question tout ce qui a été fait jusqu’à présent.

La tâche est immense, la confiance à rétablir est indispensable, et les attentes sont aussi légitimes que difficiles à satisfaire.

Cependant, lorsque la bonne volonté est présente et que la conscience professionnelle est de mise, tout est possible.