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Stade Toulousain : Enquête élargie sur le transfert de Jaminet et escroquerie

L’enquête judiciaire concernant le transfert de Melvyn Jaminet a été élargie à des faits d’escroquerie et de blanchiment en bande organisée, selon le procureur de Toulouse. Le Stade toulousain a déclaré souhaiter « que cette enquête permette d’établir avec précision les circonstances des faits concernés ainsi que les responsabilités éventuelles des différents intervenants ».


Le Stade Toulousain est toujours impliqué dans l’affaire du transfert de Melvyn Jaminet. L’enquête judiciaire a été étendue à des allégations d’escroquerie et de blanchiment en bande organisée, a annoncé ce jeudi le procureur de Toulouse à l’AFP, indiquant qu’il se dessaisissait au profit du parquet spécialisé de Bordeaux.

« L’enquête ouverte par le parquet de Toulouse pour faux et abus de biens sociaux suite aux révélations concernant le transfert de [Melvyn] Jaminet par le Stade Toulousain a illustré que ces faits pourraient également constituer une escroquerie en bande organisée, ainsi que du blanchiment lié à cette infraction et au blanchiment d’abus de biens sociaux », a déclaré David Charmatz, procureur de la République de Toulouse, dans un communiqué.

« Le parquet de Toulouse a donc transféré l’affaire au parquet de la JIRS (Juridiction inter-régionale spécialisée) de Bordeaux le 22 avril 2026 », précise le procureur, qui avait ouvert une enquête préliminaire en avril 2025.

En janvier 2025, le journal L’Équipe a révélé qu’en 2022, l’arrière international Melvyn Jaminet, actuellement joueur du RC Toulon, avait lui-même réglé la clause de 450.000 euros lui permettant de quitter Perpignan pour Toulouse, avant la fin de son contrat avec le club catalan. Cette opération a permis au club toulousain d’éviter d’inclure le montant du transfert dans son plafond salarial.

### Un montage d’une « grande complexité »

Pour réunir la somme nécessaire à son transfert, Melvyn Jaminet avait contracté deux emprunts, mais n’avait pas reçu l’argent que le Stade Toulousain lui devait en retour. Le club a finalement trouvé un accord financier avec le joueur en avril 2025.

À l’issue d’une médiation, Toulouse a dû verser une « contribution » de 1,3 million d’euros à la Ligue nationale de rugby, qui l’accusait d’avoir tenté de contourner le plafond salarial. L’enquête de L’Équipe a également souligné le rôle d’intermédiaires par lesquels l’argent aurait dû transiter.

Parmi ces intermédiaires figuraient l’avocat Arnaud Dubois et la société Pacific Heart. « Ces infractions sont d’une grande complexité en raison de la nature du montage impliquant plusieurs intervenants ou sociétés », précise David Charmatz.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, le Stade Toulousain a exprimé le souhait « que cette enquête permette d’établir avec précision les circonstances des faits concernés ainsi que les responsabilités éventuelles des différents intervenants » et a ajouté « qu’il entend également que cette procédure permette de reconnaître pleinement son statut de victime dans ce dossier ».