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Roland-Garros 2026 : Gaël Monfils s’engage malgré une der mitigée

Gaël Monfils a déclaré que son dernier match à Roland-Garros était « une nouvelle expérience » et a admis que ce n’était pas un match normal. Il a également évoqué sa difficulté sur terre battue, affirmant : « La terre battue, on ne va pas se cacher, cela fait quand même 3, 4 ans, je peine beaucoup, beaucoup plus dur. »

À Roland-Garros,

Gaël Monfils a failli manquer son rendez-vous avec le public pour son dernier match contre Hugo Gaston. Pendant deux sets, il a semblé vivre l’un des matchs les moins compatibles avec son style sur la terre battue parisienne, avec un court Philippe Chatrier étonnamment calme en première semaine. Déplacé sur tous les coins du court par les amorties du Toulousain, Monfils a subi deux lourdes défaites, ce qui laissait présager une troisième.

Cependant, Gaël finit souvent par surprendre, et il s’est réveillé, entraînant avec lui la foule, son éternel soutien, pour revenir à deux jeux partout, avant de de nouveau lâcher prise, son corps ne le soutenant plus. Ce n’était pas le plus beau des combats. Peut-on réellement qualifier cela de combat, tant les moments forts des deux joueurs sont rarement entrés en confrontation ? Peu importe, le match a eu le mérite d’exister, de se prolonger et de laisser de belles images, avec une mention spéciale pour la bataille de tweener dans le carré de service, qui n’aurait pas détonné jeudi dernier lors de la soirée Gaël and Friends.

Pour Monfils, ce dernier match était « une nouvelle expérience »

Pour être tout à fait franc, on peut remercier le coup de moins bien de Gaston au milieu du deuxième set, qui a permis de sauver les meubles, même si, vu la nature du mal qui a poussé le gaucher excentrique à faire appel au médecin à plusieurs reprises, on s’en serait bien passé : « Il y a eu une petite alerte, cela fait un petit moment que je traîne un petit virus. J’ai le cœur qui monte très vite et qui a du mal à redescendre, c’était pour ça et aussi à cause de la tension et de la pression du match. » Enterrer une idole n’est pas facile. « Je sais qu’Hugo m’aime beaucoup, c’était un peu dur pour lui de me terminer », souriait Monfils.

Chacun fait face à ses propres difficultés. Écrire le dernier chapitre de son histoire à Roland-Garros provoque également des tremblements. « C’était une nouvelle expérience pour moi, ce n’était pas un match normal, admet l’ancien 6e joueur mondial. Je suis rentré, j’étais moins bien que cinq minutes auparavant. C’est comme si on voulait trop bien faire, et cela vous met dans une position délicate. Ce n’était pas tant mentalement, mais sur le ressenti de mon corps, sur ma capacité à me déplacer dans l’espace. »

En l’occurrence, pas très bien, en tout cas moins que son adversaire en face qui le taquinait avec ses amorties tout en exécutant les siennes en sifflotant. À 14 ans de moins, cela aide. Gaël Monfils ou pas, on ne peut pas lutter contre le temps qui passe. « Sur terre battue, on ne va pas se le cacher, cela fait quand même trois ou quatre ans que je peine beaucoup, c’est bien plus difficile. Encore ce soir, je le voyais et je disais : waouh, pour faire des services gagnants et obtenir des points gratuits, c’est tout de même plus compliqué. Un bon dur américain (à la fin de la saison), ça va bien m’aider ! »

Intégrer le cercle des sportifs quadra « comme LeBron, comme Cristiano »

Monfils se projette avec l’envie de terminer sa carrière à La Défense cet automne et d’inscrire son nom parmi les athlètes quadra. « Comme Stan (Wawrinka), comme LeBron, comme Cristiano, comme Ibra… Comme tous les sportifs, jusqu’à 40 ans, qui ont réussi. Ça, j’aimerais le faire. » Il devra patienter jusqu’au 1er septembre pour y parvenir. Avant cela, il espère obtenir des wild-cards pour Wimbledon et l’US Open, afin d’accomplir le Grand Chelem des adieux, pour le plaisir.

Bien sûr, rien ne pourra égaler son dernier match à Roland, la fête de jeudi, l’hommage de lundi, l’accolade avec Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, dont il rejoindra bientôt les rangs de l’autre côté de la rive. « Franchement, même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé cela. Je ne vais pas vous mentir, c’était exceptionnel, une incroyable chance. En vérité, on imagine sans vraiment savoir, mais ce que j’ai reçu, entre jeudi et ce soir, c’est gravé à jamais. C’est une chance inouïe. C’est quelque chose qui restera toujours dans mon cœur. »

Gaël Monfils a quitté la salle de presse du court Philippe-Chatrier avec le sentiment d’avoir accompli son devoir, avec l’envie de prendre des vacances et de passer du temps avec sa fille Skaï, mais il sait qu’il devra avant cela faire face à ses émotions réprimées. « J’essaie de bloquer mes émotions, en fait. C’est très difficile, au fond de moi, c’est très dur. Je pense que je vais passer une mauvaise nuit, cette nuit. Mais j’ai des sentiments mélangés entre le bonheur et la tristesse. » Rentrons, il commence à pleuvoir.