Sport

Roland-Garros 2026 : Alcaraz et Fils, sœurs Williams en double, nos espoirs

L’Espagnol Carlos Alcaraz n’était pas présent au tournoi, suscitant une réflexion sur l’impact de son absence sur l’intérêt du grand public pour le tennis. Mirra Andreeva a prononcé quelques mots en français lors de son discours de victoire, malgré les rumeurs de naturalisation qui l’entourent depuis plusieurs années.

De nos envoyés spéciaux à Roland-Garros,

Cette année, Roland-Garros est terminé, laissant un goût amer après une première semaine mouvementée et des finales décevantes, pour ne pas dire totalement oubliables. Cette édition, donc, est mitigée, et on lui accordera le bénéfice du doute, en espérant qu’elle se reprenne l’année prochaine. Voici quelques suggestions modestement proposées par la rédaction des sports de 20 Minutes. À prendre ou à laisser.

Arthur Fils sur ses deux vertèbres

Pour notre part, nous nous remémorons encore l’endroit où nous étions lorsque nous avons appris le forfait du meilleur joueur français, avec cette réflexion : Ce Roland ne vaut pas la peine d’être vécu. Bien sûr, nous exagérons, mais ce tournoi a mis en lumière combien le 4e joueur du classement Race avant l’événement aurait pu tout bouleverser cette année : depuis janvier, il était largement au-dessus des Fonseca, Mensik ou Cobolli qui ont brillé durant la quinzaine. Croisons les doigts pour qu’il puisse enfin participer à Roland-Garros en 2027 à 100 % de ses capacités.

La canicule pour Sinner, on touche à rien

La première semaine, confrontée à une chaleur digne du désert de Gobi, a bouleversé toutes les certitudes. Au total, 31 matchs en cinq sets chez les hommes, avec des favoris éliminés selon l’heure à laquelle ils étaient envoyés s’exposer à la chaleur. Sinner en a fait les frais de manière spectaculaire, bien que l’indicateur de stress thermique ne soit pas alarmant : « Nous ne nous sommes jamais réellement approchés de 30,1°, seuil à atteindre pour accorder 10 minutes de pause, et encore moins du 32,2°, qui interrompt les matchs », a expliqué Amélie Mauresmo. La preuve qu’il y a de la marge. Lâche-toi, réchauffement climatique.

L'Italien Jannik Sinner, ou comme on préfère l'appeler, Jannik Sueur.
L’Italien Jannik Sinner, ou comme on préfère l’appeler, Jannik Sueur. - Thibault Camus/AP/SIPA

Alcaraz de retour, même en jouant de la main gauche

Lorsque l’Espagnol n’est pas présent, on réalise à quel point sa personnalité rayonnante représente 50 % de l’intérêt du grand public pour le tennis. Il nous arrive parfois de redouter pour son poignet droit et d’imaginer un destin semblable à celui de Del Potro, qui ne s’est jamais remis de cette blessure chronique. Mais Carlitos est fait de titane et, au pire, nous serions ravis de le voir jouer de la main gauche, comme sur les premières images de son retour à l’entraînement diffusées récemment.

Encore moins de monde dans le box de Jodar

La dernière pépite des usines ibériques s’est arrêtée en huitièmes de finale pour ses débuts sur la terre parisienne, mais avec ses larges compas et ses frappes puissantes, nous avons sans doute été témoins de la naissance d’un successeur de Sinner. La question qui nous préoccupe : va-t-il continuer à subir la présence de son père, qui veille très jalousement sur ses intérêts ? Rafael Jodar (oui, comme son fils) est la seule personne à le suivre au quotidien et interdit à quiconque d’occuper le box de son fils, sauf lui. Vous avez dit malaisant ?

Kouamé dans le tableau sans wild-card

Il a égayé notre existence pendant quelques jours, et c’est déjà plus que 90 % des joueurs français de la dernière décennie. Merci à toi Moïse, mais si cette histoire d’amour se révèle être un feu de paille, nous ne serons pas copains. Le plus jeune joueur à atteindre le 3e tour d’un Grand Chelem depuis un certain Rafael Nadal doit viser l’intégration dans le grand tableau sans avoir besoin de wild-card dès l’an prochain. Cela signifierait entrer dans le top 100, et toute autre progression serait une déception, sauf en cas de blessure entre-temps, bien entendu.

Une naturalisation d’une joueuse russe qui marche

Nous avons été envahis par la jalousie pendant quelques secondes en entendant Mirra Andreeva prononcer quelques mots dans la langue de Racine lors de son discours de victoire, samedi. Les rumeurs de naturalisation ont souvent circulé à propos de la jeune Russe, qui s’entraîne dans le Sud de la France depuis plusieurs années, mais elle a elle-même expliqué en début d’année qu’elle n’avait jamais été approchée par qui que ce soit, y compris la fédération française de tennis. Le choix s’est plutôt porté sur Ksenia Efremova, arrivée beaucoup plus tôt dans sa carrière sur notre territoire. Il sera temps pour elle, l’an prochain, de passer un ou deux tours à Roland-Garros, l’année de ses 18 ans.

Moins de trophées Tiramisu (et moins d’hommages)

À la cantine de Roland-Garros, on frôle parfois l’indigestion de frites, sauf pour les anciennes gloires de ce sport, qui semblent à l’écart des hommages du tournoi. Stan Wawrinka, Caroline Garcia et Gaël Monfils, tous ont reçu leur part de gâteau, qui n’est en fait qu’un morceau du court de Roland-Garros conservé dans du verre. Cela fait sûrement son effet au-dessus de la cheminée, mais nous avouons être un peu lassés de le voir servi sous toutes ses formes. Et si l’on arrêtait avec ces hommages qui perdent en authenticité à mesure qu’ils sont reproduits ? De toute façon, on ne fera jamais mieux que les adieux à Rafa.

Vous reprendez bien un peu de tiramisu?
Vous reprendez bien un peu de tiramisu? - Antonio Borga/Sipa USA/SIPA

Moins d’Italiens en deuxième semaine

Un matin, vous vous réveillez pour vous rendre à Roland-Garros et vous vous retrouvez par hasard au Foro Italico. Trois Italiens en quarts de finale (Berrettini, Arnaldi et Cobolli), tous dans la même moitié de tableau. C’était trop pour tout le monde, y compris pour nos confrères italiens : débordés le premier jour avec leurs trois joueurs, inactifs le second. Que l’ordinateur responsable du tirage fasse correctement son travail en dispersant convenablement les joueurs aux quatre coins du tableau. Tout ça pour quoi, en plus ? Un abandon complètement inattendu de Berrettini, l’homme en porcelaine, une gastro d’Arnaldi et une débâcle laborieuse pour Cobolli en finale.

Des pin’s aussi pour les journalistes

C’est très aimable de donner un pin’s par jour aux joueurs et aux joueuses de Roland-Garros, mais qui pense à nous ? On s’y voit déjà, arborant fièrement ces pin’s le long de notre accréditation, comme Mirra Andreeva. « C’est ce qui me garde motivée parce que j’en veux plus, disait la Russe pendant la quinzaine. Vous voyez ces pin’s, je peux en avoir trois différents par jour. Donc j’ai tous amenés, tous ceux que j’ai eus jusqu’à présent. Un par match gagné. » Avec un pin’s par article écrit, nous serions les rois du pétrole.

Une démonstration de chien-tennis sur le Chatrier

La fusion entre la nouvelle tendance canine du circuit et l’obsession de Gilles Moretton pour les dérivés du tennis pourrait faire des étincelles. Après le padel et, plus récemment, le pickleball, le président de la FFT a une occasion en or de faire croître le nombre de licenciés en proposant une démonstration de tennis-chien, un sport dont les contours restent à définir, mais qui rapporterait sans doute 30 000 licences supplémentaires à la fédération, dont la moitié de chiens capables de devenir ramasseurs de balle si nécessaire.

Mirra Andreeva pourra ramener Rassy pour une démonstration de tennis-chien en 2027
Mirra Andreeva pourra ramener Rassy pour une démonstration de tennis-chien en 2027 - Christophe Saidi/SIPA

Plus de polémiques sur la Tribune Bleue

La première semaine est parue bien vide en ce qui concerne les habituelles exclamations pleines de mauvaise foi des joueurs étrangers traumatisés par le public de Roland-Garros. Il y a eu Vallejo contre Kouamé, mais le Paraguayen a préféré la misogynie à une confrontation avec les supporters. Pour le reste, rien à se mettre sous la dent. Il faut dire que sans le provocateur en chef du Simonne-Mathieu, Corentin Moutet, éliminé dès le premier tour, nous ne voyons pas qui aurait pu attiser le feu des petits groupes de supporters français pour embêter un Chilien ou un Brésilien sur les terrains annexes. Moins de polémiques sur la Tribune Bleue, c’est le (bon) signe qu’il y a encore des Français en lice à Roland-Garros.

Serena et Venus Williams qui vont nous chercher le double

Les sœurs Williams sont éternelles. Cela fait des mois que Venus fréquente les tableaux de double sur le circuit féminin, il fallait bien que Serena finisse par s’y remettre également. L’ancienne numéro 1 mondiale, détentrice de 23 titres en Grand Chelem, va faire son retour en double au Queens aux côtés de Victoria Mboko, avant, qui sait, de revenir en simple. On l’imagine plutôt entamer une tournée avec sa sœur pour aller conquérir un ou deux titres majeurs en double, comme à la belle époque. À Roland-Garros, elles rempliraient encore le Chatrier sans aucun souci.