SportTunisie

Nomination de quatre DTN : un homme n’est pas une personne !

La désignation d’un Directeur Technique National (DTN) en France, en Belgique et dans les pays d’Afrique francophone est un moyen de contrôle mis en place par la Tutelle pour veiller à l’application des programmes d’action des fédérations. Ridha Jeddi, qui était sur le point de quitter la Tunisie pour s’engager avec un pays du Golfe, est devenu le DTN du football national.


**La Presse —** La nomination d’un Directeur Technique National (DTN) au sein des fédérations sportives a, à un certain moment, constitué l’aboutissement d’une politique sportive centrée sur la formation et l’encadrement des jeunes. Cette désignation est en réalité un outil de contrôle mis en place par l’autorité gouvernementale pour garantir l’application des programmes d’action établis par les fédérations, en accord avec les objectifs nationaux.

Les choses ont commencé à évoluer lorsque les fédérations ont assumé la liberté d’agir selon leur propre initiative, se considérant comme les seules décisionnaires de l’avenir de leur discipline. Les conséquences de cette dérive sont désormais visibles.

En théorie, ce poste est attribué à des individus ayant un niveau académique requis. En effet, dans un pays où les doctorants sont nombreux, cela semble inévitable. Concevoir un plan d’action pour consolider les efforts en cours ou élaborer un programme pour renouveler ou établir de nouvelles visions selon les besoins d’un sport en constante évolution ne peut se faire dans un café ou entre amis.

Bien que l’on puisse mentionner d’anciennes étoiles dont les exploits sont gravés dans l’histoire, elles ne sont pas forcément aptes à exercer cette fonction. Elles se présentent généralement pour gérer un calendrier. Un spectateur curieux a posé la question de savoir s’il existe un pays où ce technicien est désigné par le ministère. Nous lui répondons : « En France, en Belgique et dans les pays d’Afrique francophone, le directeur technique national (DTN) est responsable d’un sport et de sa mise en œuvre à l’échelle nationale. »

Le DTN est en principe un technicien de très haut niveau dans sa spécialité sportive. En France, il est nommé conjointement par le ministre des Sports et le président de la Fédération française de football (FFF). Le processus de nomination passe généralement par plusieurs étapes : sélection par la fédération ; le président de celle-ci propose un candidat à l’issue d’un processus de recrutement ou d’appel à candidatures.

La validation par le ministère : le candidat doit passer un entretien et est officiellement nommé par un arrêté du ministre des Sports, son poste étant placé sous sa double autorité. Pour décider de ces nominations, le ministère des Sports consacre de nombreuses heures à examiner les dossiers présentés.

Il est à noter que les fédérations, dotées de techniciens hautement qualifiés, ont toutes réussi à atteindre des objectifs ayant propulsé leur discipline à un niveau enviable. Ces techniciens hautement qualifiés ont notamment été recrutés par les pays du Golfe, où ils ont apporté leur expertise. Ainsi, il ne s’agit pas simplement de « connaître » une discipline sportive ou d’en avoir été un joueur pour devenir DTN. Il s’agit de transformer des connaissances académiques et scientifiques en méthodes, organisation et stratégies.

Le DTN, par conséquent, n’est pas là pour voyager à l’étranger, mais pour parcourir les routes nationales, établir des contacts, contrôler, poser des questions et s’inquiéter de l’avancement de son plan d’action. Il est l’architecte d’un projet sportif, d’une structure (club ou fédération). Il définit la stratégie à long terme, supervise l’encadrement et les ressources humaines, coordonne la formation des jeunes talents et assure la cohérence des méthodes d’entraînement, de la base jusqu’au haut niveau.

**Il est le lien**

La détection et la formation, le recrutement et le suivi, l’analyse des statistiques et des performances pour ajuster éventuellement les stratégies, le DTN fait le lien entre l’autorité gouvernementale sur le plan technique, la direction administrative de la fédération et les instances fédérales. En passant, posons la question qui nous préoccupe : qu’avons-nous de tout cela ?

Le DTN n’est l’homme de personne. Le contraire compromettrait sa crédibilité. Il n’appartient ni à une région, ni à un club. C’est un homme en mission. À titre d’information, Ridha Jeddi était sur le point de quitter la Tunisie pour prendre sa retraite anticipée afin de rejoindre un pays du Golfe, et le voici désormais DTN du football national.

C’est un atout pour le football tunisien. Ce n’est pas une nouveauté, la Tunisie a déjà formé de nombreux directeurs techniques qui ont été à l’origine du développement de plusieurs disciplines sportives ou centres de formation. Feu M. Bohli, par exemple, a contribué à faire du handball qatarien ce qu’il est aujourd’hui. Laissons ces hommes œuvrer.

Sous l’égide du ministère des Sports et de la fédération concernée, ils sont en mesure de revitaliser de nombreuses disciplines sportives en déclin. Souhaitons que la nomination des DTN, tant attendue par de nombreuses fédérations actuellement en difficulté, se concrétise rapidement. Enfin, une bonne initiative est prise.