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France – Sénégal : Les Bleus ne retournent pas notre veste en seconde période

Théo Hernandez a été l’un des meilleurs joueurs de l’équipe de France lors de la première période face au Sénégal, mardi, à l’occasion du premier match de la Coupe du monde. Adrien Rabiot a admis après la rencontre que la première mi-temps avait été moyenne et que le match, en raison de l’enjeu, était une entrée en lice difficile dans la compétition.

De notre envoyé spécial au Metlife Stadium, à New York

Il existe des éléments essentiels sur lesquels notre vie repose : l’appel régulié de notre mère ; les cris de notre fils à l’arrivée de quelqu’un ; les demandes impossibles de notre chef. Cependant, le fait de voir Théo Hernandez briller parmi les meilleurs joueurs de l’équipe de France lors de la première mi-temps contre le Sénégal, mardi, lors du premier match de la Coupe du monde, n’en fait pas partie.

Souvent critiqué pour ses performances défensives, l’ancien latéral gauche de l’AC Milan, peu actif de l’autre côté du terrain, a réalisé une première mi-temps solide, avec un magnifique sauvetage de la tête en début de match. Le voir ainsi se démarquer au milieu de ses coéquipiers était surprenant. Deux possibilités se présentaient donc : soit, le joueur aux nombreux tatouages brillait comme jamais. Soit ses coéquipiers peinaient. La réponse est claire, Didier.

« Nous avons beaucoup de joueurs très jeunes, a expliqué Kylian Mbappé. C’est la première fois qu’ils participent à une Coupe du monde. Je pense qu’il y a eu également un peu de tension émotionnelle. » Une excuse qui convient à certains, mais pas à d’autres, comme le capitaine des Bleus, qui a offert une première période époustouflante, au point que l’on envisageait déjà d’écrire un critique contre Mbappé et affirmer qu’Ulrich Le Pen aurait fait mieux que ce Michael Olise.

« On savait que ça se décanterait », assure Rabiot

Effectivement, tout semblait dérailler. Mbappé manquant tout ce qu’il entreprenait, Dembélé quasi invisible offensivement, Olise loin de son niveau contre l’Irlande du Nord, Jules Koundé peinant à attaquer, Maignan ratant ses dégagements… La première mi-temps des Bleus au Metlife Stadium a été loin des attentes des supporteurs français, qui avaient pourtant commencé le match dans une ambiance festive.

« C’était une première mi-temps moyenne, a reconnu Adrien Rabiot après le match. Mais il y a également le fait de se jauger mutuellement entre les deux équipes, c’est toujours délicat en début de compétition. Un match, c’est sur quatre-vingt-dix minutes, et nous savions que la situation s’éclaircirait en seconde mi-temps. »

Comment les Bleus ont-ils pu changer de manière si radicale en seulement quinze minutes de pause ? C’est là que l’intervention magique de Deschamps entre en jeu. Le sélectionneur s’est exprimé dans les vestiaires pour clarifier les choses avec fermeté. « Je dis ce que je pense quand je le constate, a précisé DD. En première mi-temps, nous étions capables de faire beaucoup mieux sur plusieurs aspects. Je ne crie pas, car je me suis calmé, mais j’exprime les choses. »

Olise dans l’axe, le début du festival

Les indications données étaient simples : jouer avec davantage de sérénité, renforcer le collectif et se libérer. « Le coach nous a simplement demandé de jouer comme nous savons le faire, d’attaquer et de défendre ensemble, et surtout de rester unis, a commenté Bradley Barcola. Nous savions qu’il était essentiel de gagner ce premier match et c’est ce que nous avons réalisé. La première période a été plus difficile que prévu, mais nous avons tenu mentalement en seconde et en sommes ressortis plus forts. »

A l'image d'Olise, les Bleus sont montés d'un cran après le repos.
A l’image d’Olise, les Bleus sont montés d’un cran après le repos. - WILLIAM VOLCOV/Shutterstock/SIPA

Au-delà des instructions générales, Didier Deschamps a également opéré un changement clé : déplacer Ousmane Dembélé sur un côté et intégrer Michael Olise dans l’axe. « Quand Michael est haut à droite, il peut percuter, mais quand il se place entre les lignes, sa qualité de passe nous a permis de trouver nos attaquants, a expliqué le stratégique Garry des bancs de touche. Je l’ai fait parce que je pensais que cela nous donnerait plus de connexion. Michael peut jouer des deux côtés, mais il touche plus de ballons lorsqu’il est dans cette position. »

Michael Olise a tout changé en repassant dans l'axe.
Michael Olise a tout changé en repassant dans l’axe.  - WILLIAM VOLCOV

Ce changement a clairement eu un impact. Une première action avec un tir du joueur du Bayern, bien arrêté par Edouard Mendy, a suivi deux passes remarquables derrière la défense pour Mbappé, dont l’une a abouti à un but. « Michael a réalisé un excellent match, quand il est dans cette position, au cœur du jeu, il peut distribuer, il sait très bien faire la dernière passe également », a salué Adrien Rabiot.

Entrée gagnante de Barcola

L’ancien milieu de terrain de l’OM a également montré son potentiel, délivrant une passe décisive sublime pour Bradley Barcola, entré à la place de Dembélé, qui a profité de son temps sur le banc pour examiner la défense sénégalaise. « J’ai remarqué que, lorsqu’on redémarrait, ils laissaient beaucoup d’espaces, a réagi le Parisien. À ce moment-là, j’ai compris que je pouvais provoquer l’adversaire et jouer mon jeu, j’ai réussi à m’imposer et j’en suis vraiment ravi. »

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Ajoutez à cela l’efficacité retrouvée de Kylian Mbappé qui le fuyait jusque-là, « même s’il aurait pu marquer quatre ou cinq buts » selon Deschamps, et vous obtenez un mélange gagnant qui a rassuré tous les supporteurs de l’équipe de France, y compris nous. Maintenant que la troisième place est presque assurée, il n’y a plus d’obstacles, direction la finale de la Coupe du monde. Ah, et pour vous rassurer davantage, Théo Hernandez a été débordé sur le but sénégalais. Tout semble donc revenir à la normale.