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France – Espagne : La cohésion des Bleus et la solidarité avec Deschamps.

Kylian Mbappé est mentionné plusieurs fois, tout comme Dembélé, Doué et Olise, par les enfants autour du stade de la Southern Methodist University. Adrien Rabiot a déclaré que leur communication et leurs analyses entre petits groupes sont importantes et ressenties sur le terrain.


De notre envoyé spécial à Dallas, le nom de Kylian Mbappé a été évoqué à plusieurs reprises. Cependant, derrière les doubles bâches qui entourent le stade de la Southern Methodist University, où l’équipe de France s’entraînait lundi, les noms de Dembélé, Doué ou Olise ont également été cités par de nombreux enfants cherchant à attirer l’attention. Cela symbolise cette équipe de France qui affronte l’Espagne en demi-finale de la Coupe du monde ce mardi, où le collectif est primordial.

Au-delà de la formation à quatre attaquants, d’un Mbappé spectaculaire ou de la défense exceptionnelle composée de Saliba et Upamecano, la réussite majeure de Didier Deschamps réside dans sa capacité à bâtir un groupe prêt à se battre pour le camarade. Peu importe si certains joueurs sont titulaires ou non, comme l’a souligné Ibrahima Konaté, qui n’a pas eu beaucoup d’opportunités jusqu’à présent, tout le monde avance dans la même direction : « En toute honnêteté, il (Didier Deschamps) est fort. Il y a beaucoup d’honnêteté de son côté. Le plus important, c’est la Coupe du monde, ça se joue tous les quatre ans. C’est difficile mais si ça se passe bien, qu’est-ce que vous voulez lui dire ? C’est qu’il a eu raison. Notre rôle c’est de s’unir, s’entraider. »

L’entraide, l’union, la cohésion, la solidarité… peu importe les synonymes, le constat reste le même. On revient toujours à cette phrase que les joueurs répètent souvent, à juste titre : « Le groupe vit bien ». Très bien même, au point que Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens des Bleus, a souhaité saluer cette équipe de passionnés lors de son anniversaire avec un discours émouvant. « Je vais vous faire part de sentiments. Des sentiments très profonds, très sincères et très honnêtes. Le plaisir que j’ai d’être parmi vous est inestimable. […] Vous avez commencé à écrire une grande histoire. J’espère que celle-ci deviendra extraordinaire. Pourquoi ? Parce que vous le méritez tous. Vous méritez de connaître le meilleur. Alors soyez forts, encore. Plus que jamais. Tous ensemble. »

« Un très beau discours qui nous a touchés », a déclaré Jules Koundé. Le défenseur des Bleus pense que cette cohésion ne date pas de cette Coupe du monde, ni même de cette année, mais a commencé lors de la dernière édition au Qatar, où l’équipe française avait perdu en finale contre l’Argentine. « On est un groupe qui s’est construit, qui vit très bien, tout le monde a l’esprit tourné vers le même objectif, et c’est ce qui fait notre force », a ajouté le joueur du FC Barcelone.

Comment expliquer que ce groupe soit si harmonieux alors que la moitié de l’équipe dispute sa première Coupe du monde ? Certains évoquent des points communs d’âge et d’intérêts. William Saliba l’a confirmé recently : « On s’amuse bien. C’est ce qui fait notre force, ça permet aussi de faire redescendre la pression dans une compétition comme ça. Quand on n’est pas sur le terrain, on rigole bien. Il y a beaucoup de gens marrants dans cette équipe, ça fait passer le temps plus rapidement. »

Ensemble depuis un mois et demi, les joueurs ne montrent aucun signe de lassitude. Pendant leurs temps libres, au-delà des jeux ou des sorties en famille autorisées par le staff, certains groupes profitent de ces moments pour analyser des phases de jeu. « On a toujours essayé de prendre nos responsabilités », a déclaré Adrien Rabiot. « On communique beaucoup, on a des temps à l’hôtel où on cherche à analyser les matchs entre nous, par petits groupes. Ce sont des choses importantes, au-delà de ce que peut nous apporter le coach et le staff. Ce sont des choses qu’on ressent sur le terrain. »

Un autre facteur expliquant cette unité est le décès de la mère de Didier Deschamps pendant la compétition, qui a eu des conséquences sur le groupe. « Les difficultés qu’a connues le coach nous ont rapprochés et resserrés », a affirmé le milieu de terrain de l’AC Milan, alors que le sélectionneur avait pris quelques jours pour retourner en France pour les obsèques. Dans les jours suivants, les joueurs ont affirmé leur volonté de « jouer pour le coach », qui quittera l’équipe de France après ce tournoi, après quatorze années de service. « Il y a l’envie de tout donner sachant que c’est aussi la dernière compétition du coach », a ajouté Rabiot. « Tout semble être au vert. » Il n’y a plus qu’à espérer que cette dynamique ne se grève pas ce soir.